Voilà! Autant dire que c'était un super voyage! J'espère que ceux qui sont en vacances passent de bonnes vacances (répétition de merde!) et quant aux autres, bah..., je suis de tout cœur avec eux! Allez place aux quelques dessins et enjoy!
Ce dessin m'est venu à l'esprit après avoir écouté en boucle Le Robot de Luke. Je surkiffe cette chanson, sérieux!
Petit teste au pastel sur de craft! J'en ai fait un autre pour ma maman, mais je l'ai pas scanné. :3
Echo, dessinée après avoir vu Suicid Squad. Sérieux, il est énorme ce film!
Oui, je reviens après plusieurs jours/semaines/mois d'absence! Bon, évidemment ma principale raison était la même que tout terminale qui se respecte: le BAC. Et puis, y avait la flemme aussi. Un peu. Bref, me revoilà, avec mon bac S mention assez bien, et tout plein de dessins! Enjoy!
Bon, honnêtement, celui-là est très fortement inspiré d'un dessin de DestinyBlue!
Vive les cheveux en eau! \0/
Tout plein de petits lapinous!
Parce que je surkiffe les plumes! *0*
Ash, Jack Frost et moi.
Et les Noces Funèbres!
Et voilà! C'est tout pour cette fois! Je vous laisse avec ma dernière vidéo! Bye les citrouilles!
Hello little Pumpkins! How are you? Oui, je sais. Ça fait terriblement longtemps. Mais j'ai été plus surchargée ces derniers temps, allant de bacs blancs en préparations de dossiers pour de futures écoles, en entretiens pour ces mêmes écoles. Mais finalement, mes effort ont payé puisque je suis prise à LISAA en section Internationale dans le domaine cinéma d'animation! Autant dire que je suis aux anges. Néanmoins, j'ai quand même dessiné deux trois trucs, hors dossiers, alors place aux dessins!
Un petit Harold, parce que j'adore ce personnage.
Une sirène qui s'est imposée à moi suite à une discussion avec une amie à la natation (oui, je sais, on est pas supposé discuter quand on nage...).
La couverture du roman d'une amie du lycée.
Et elle, c'est Morana, déesse nordique de l'hiver et de la mort, mon nouvel OC! Les couleurs sont mal passées au scanner...
Hello les citrouilles! Bonne année! Aujourd'hui pas de creepypasta, parce que j'avais la flemme d'en trouver une sympa... Mais, par contre, BEAUCOUP de dessins! J'ai pas lambiner pendant les vacances et après...!
Deux petites aquarelles faites pour m'entraîner.
Un Dobby souriant, parce que, bon, je l'aime bien!
Des sketches et un dessin d'Ash que vous commencez à connaître.
Et ça, c'est moi! Et oui, je suis devenue une rouquine aux cheveux courts pendant les vacances!
C'est tout pour cette fois, bye! Je vous laisse avec une petite vidéo:
Le Professeur Rogue nous a quitté pour de bon ce jeudi 14 janvier 2016, au soir. Un grand acteur est parti, et avec lui, une partie de notre enfance, du moins, pour ceux qui ont été bercés par Harry Potter et son univers.
Quand j'ai appris sa mort, je me suis juste sentie... vide. J'ai toujours été très attachée au professeur Rogue, alors que son interprète décède... Ce fut... bizarre, il n'y a pas d'autres mots. D'abord Bowie en début de semaines, puis Alan Rickman. J'avoue que je ne m'y attendais pas. Je lui avais un peu attribué cette image de héros d'enfance immortel.
Moi aussi, j'ai quelque chose à vous raconter. Il y a une semaine, j'ai fait une découverte qui continue de me perturber encore aujourd'hui. En faisant du nettoyage dans mon grenier, j'ai trouvé de vieilles affaires appartenant à mon défunt grand-père. Il y avait des habits, des photos retraçant toute une partie de sa vie, et un beau carnet relié en cuir.
Curieux, je l'ai ouvert, non sans émotion vous vous en doutez. Il se trouve que mon grand-père y avait écrit de petites histoires. Je suis sorti du grenier pour pouvoir lire tout cela, et j'ai reconnu certains de ces récits. Il faut que vous sachiez que mon grand-père était, pour mon plus grand plaisir, grand féru de contes. Il nous en racontait très souvent à ma sœur et moi, lorsqu'il venait nous rendre visite à la maison. J'ai versé une petite larme en relisant certaines histoires qui avaient bercé mon enfance, et que mon grand-père avait pris soin de consigner dans ce carnet. J'ai remarqué qu'il avait même noté quelques expressions orales dans ses textes, du type « Écoutez bien, les enfants » ou « Vous comprenez ? », preuves que ces contes étaient directement destinés à nous être lus.
Cependant, parmi la cinquantaine d'histoires courtes rédigées à la main, un certain nombre ne m'évoquait absolument aucun souvenir. Mais si je poste ici, c'est parce que certaines histoires que je ne connaissais pas m'ont hautement dérangé. Parmi celles-ci, une était introduite de la sorte, en grosses lettres :
« À RACONTER AU COIN DU FEU LE SOIR DE NOËL POUR QUE MES PETITS-ENFANTS SACHENT LA VÉRITÉ »
Mon grand-père disait donc ici que l'histoire qui suivait n'était pas une invention de sa part ? Cela rend ce texte étrange avant même de commencer à le lire... Je vous l'ai recopié ici. Il s'intitule : « Le vrai Père Noël ».
« Il était une fois... Un vieil homme. L'histoire ne dit pas son nom. On sait juste que ce qui le caractérisait le plus était son extrême gentillesse envers tous les enfants.
Il travaillait dans une fabrique de jouets, si bien que sa maison était un véritable paradis pour tous les enfants du monde : chevaux à bascule, petits soldats, poupées, pantins, jeux de société...
Le soir, il restait des heures à la sortie des écoles, repérant les enfants les plus... Comment dire... Intéressants. La plupart du temps, tous ces jeunes petits êtres repartaient en tenant la main d'un ou deux de leurs parents. Mais, parfois, il en restait un. Un seul, perdu, au bord des larmes, cherchant du regard son père ou sa mère, ou bien quelque figure rassurante... Le vieil homme s'approchait alors de lui, un petit jouet à la main.
"Tu es perdu, mon petit ? Oh ! Tu aimes cette petite marionnette ? Viens chez moi, il y a plein d'autres jouets qui n'attendent que toi, et tu pourras bien t'amuser pendant que j'appellerai tes parents pour qu'ils viennent te chercher. Allez, viens, tiens-moi la main..."
Arrivés dans la maison du vieux monsieur, les marmots avaient toujours les yeux qui se remplissaient d'étoiles. Il y avait tant à voir, et si peu de temps jusqu'à ce que maman ou papa ne vienne les chercher ! Le vieillard, lui, regardait son propre pantin de chair s'amuser avec tous les joujoux de bois entreposés dans la pièce... Il aimait beaucoup ce moment ; lire la joie dans les yeux des enfants.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Le vieux monsieur, donc, avec toute la délicatesse du monde, prenait l'enfant dans ses bras et l'asseyait sur une chaise.
"Tu vas attendre bien sagement ici, d'accord ?" disait-il avec une voix douce.
Bien sûr, le petit ignorant aurait voulu continuer à jouer, mais la gentillesse de celui qui aurait pu être son grand-père le mettait en confiance, et il ne voulait pas le décevoir en lui désobéissant. C'était comme ça à chaque fois. Même quand le vieux monsieur commençait à ligoter le petit garçon ou la petite fille, et qu'il disait "Ne t'inquiète pas mon chéri, on joue aux Cow-Boys et aux Indiens", l'enfant restait sage, statique sur sa chaise, tel une poupée...
Lorsque le vieux monsieur commençait à se servir de son couteau, ni le « tic-tac » des horloges, ni le « tchou-tchou » des petits trains n'arrivait à masquer les cris de joie des enfants.
Un beau jour, à force de disparitions, ce qui devait arriver arriva. Une méchante institutrice, qui avait repéré le vieux monsieur devant son école à plusieurs reprises, appela la police. Le personnage principal de notre histoire fut arrêté, jugé, et, finalement, condamné à mourir.
La nuit du 24 décembre, le vieil artisan eut la tête tranchée. Couic !
Mais l'histoire ne s'arrête pas là.
À sa mort, le vieux monsieur refusa de monter au ciel rejoindre les anges. Il ne le voulait pas car il n'avait pas accompli la mission qu'il s'était donnée : rendre tous les enfants heureux. Alors, le brave homme a commencé à voyager, et cela fait maintenant très longtemps qu'il se rend de foyer en foyer tout autour du monde, année après année. Vous ne le voyez pas, mais lui, il vous voit, et vous entend. Il vous écoute. Tout cela dans le but de connaître vos souhaits. Peut-être est-il là en ce moment même avec nous, qui sait ?
Il souhaite connaître les jouets qui feraient le plus plaisir à chaque enfant à qui il a rendu visite. Quand il n'est pas aux côtés d'un enfant, il est à son atelier, en train de confectionner les plus beaux joujoux qui soient... Malheureusement, douze mois ne sont pas assez longs pour confectionner tant de jouets lorsque l'on n'est pas aidé par une bande de lutins ! Alors, il doit faire des choix et, s'il surprend un enfant en train de faire une bêtise, alors celui-ci n'aura pas la chance de recevoir un jouet confectionné avec amour au pied du sapin...
Bien sûr, les enfants, vous qui êtes si malins, vous avez compris que le héros de cette histoire n'est autre que celui que l'on nomme communément « Le Père Noël »... Le Père Noël n'est pas un bonhomme tout rouge, et ne passe pas par la cheminée. Mais, tous les ans, à la même date, il dépose bel et bien de jolis cadeaux sous le sapin des enfants sages... En espérant que ceux-ci viendront un jour s'amuser avec lui dans son atelier.
La suite de l'histoire reste à écrire... Tâchez seulement de ne pas en être les personnages principaux. Pour cette raison, au lit maintenant ! Et ne vous levez pas cette nuit. »
Le conte se termine ainsi. Vous vous doutez bien qu'une horde de questions s'immisce dans mon esprit : pourquoi mon grand-père a-t-il écrit un conte aussi malsain ? En est-il même l'auteur ? Pourquoi cette note au début du texte ? Ce qui me perturbe également, c'est que je me demande bien pourquoi il ne nous a jamais raconté cette histoire, à ma soeur et à moi... Ceci étant dit, je préfère ne l'avoir jamais entendue étant enfant, vous pensez bien. J'attends vos réactions et vos avis sur cette trouvaille, je posterais sûrement plus tard d'autres contes étranges trouvés dans ce carnet. Croyez-moi qu'il y a de quoi raconter...
Hello little pumpkins! Merry christmas! Cette creepypasta fait froid dans le dos, n'est-ce pas? Je ne vais pas me noyer dans les excuses pour justifier mon manque de posts, seulement je suis allée au Salon du Livre où j'ai eu la joie de revoir Benjamin Lacombe lors de sa dédicace de Alice au Pays des Merveilles (mon livre préféré) et de rencontrer par hasard Pierre Pevel, mon auteur favori! Autant dire que j'étais aux anges tout le reste de la semaine et que j'ai engendré des envies de meurtre à mon égard dans les esprits de mon entourage... Bref! Trêve de blabla et place aux dessins!
Une Minnie Mouse vintage faite pour ma grand-mère et qui n'est malheureusement pas très bien passée au scanner.
Un Jimminy Cricket pour mon grand-père, je me suis éclatée à le faire!
Voici Ash. Elle est l'un des personnages de mon roman Blackwell Asylum, né en Avril 2015.
C'est tout pour cette fois! Je vous laisse avec le trailer de Blackwell Asylum et un WIP de Ash!
Ça fait environ deux jours... ou trois. Trois jours, je crois, depuis que la Jeep d'Andrei est tombée en rade dans la rivière. On s'est faits avoir comme des bleus, réveillés en pleine nuit par une putain de crue de tous les diables. On a réussi à sortir la Jeep sur le bord, mais impossible de la redémarrer. Pour l'instant, on est principalement restés à l’intérieur, à se peler les miches comme pas possible. On a pas mal de bouffe, mais faudrait pas s'éterniser ici non plus.
J'écris pas ça comme un testament, loin de là, plutôt pour me souvenir de cette... Aventure ? Ouais c'est le mot. Aventure.
13/08/2012
Il commence vraiment à faire froid, et les boîtes de sardines vides puent la mort. On sait absolument pas où on est. Ce connard de Viktor nous avait dit qu'il connaissait la région, mais il a aucune idée d'où on peut bien être. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il fait foutrement froid. Je veux dire, je suis habitué au froid, en Sakha y'a aucun palmier qui pousse. Mais là, avec juste une parka et mes couilles en dessous, c'est pas la même affaire. Pour couronner le tout, aucun village à moins de 300 km. J'ai toujours aimé les grands espaces, mais je cracherais pas sur une petite baraque avec un bon feu.
C'est Alexander le mécano entre nous quatre. Il a la tête fourrée dans le moteur depuis la crue, soit cinq jours maintenant. "T'en fais pas Alexei, on va repartir d'ici cinq minutes !" Cinq minutes. Je sais pas où il a appris à compter. En tout cas, je compte pas me les geler ici plus longtemps.
14/08/2012
On a décidé de partir. On a laissé notre matos de pêche dans la Jeep. Viktor a quand même embarqué une canne au cas où on tomberait sur la Sutam. C'est là où on était censés aller après tout, non ?
On a pas vraiment de plan de route. Viktor était censé avoir la "carte en tête". Toujours est-il que l'ordre de marche c'est droit devant. Si on tombe sur la rivière Sutam, on la remonte jusqu’à Neryungri. En fait, aucun de nous quatre ne sait exactement où se trouve Neryungri, ni même si c'est au bord de la Sutam, mais Viktor a dit qu'il se rappelait y être passé une fois.
Pas un arbre à l'horizon, pas un point de repère. De la neige, de la terre gelée, des herbes courtes çà et là. J'ai trouvé une barre de chocolat au fond de mon sac. Je ne l'ai dit à personne. Je me suis assez fait chier à aller en ville pour l'acheter, je vais pas en plus la partager en quatre. Enfin bon, on verra bien.
15/08/2012
Je commence à penser que le confort de la Jeep était pas si mal que ça. On avait peut-être froid, on pouvait pas vraiment bouger, mais au moins on était à l'abri du vent. Cette nuit on a dormi au creux d'un arbre mort. C'était atroce. Le vent s'est pas arrêté une seule seconde, je me suis réveillé au moins cinq fois. Et à chaque fois, le feu était éteint. On commence à manquer de combustible. On avait pas vraiment pensé à ça. Et la bouffe part à une vitesse folle. Je sais que par ce temps il faut beaucoup d'apport calorique, mais si on continue à ce train-là on va devoir se rationner plus tôt que prévu.
16/08/2012
Encore une nuit horrible. On a cru que Viktor était mort ce matin. Il bougeait pas, mais il était juste vraiment fatigué. On l'est tous. On a quand même repris la route, si on s'arrête on est morts.
On est arrivés près d'une petite rivière. Oh non, pas la Sutam. Ce serait trop beau. Non, juste un petit bras d'eau, assez profond pour pouvoir y pêcher toutefois. Andrei et Viktor m'ont engueulé quand j'ai lancé la ligne. J'ai oublié leur "rituel". C'est des Sibériens, je peux pas leur en vouloir d'être superstitieux. Ces imbéciles lancent toujours une poignée de tabac dans l'eau avant de pêcher. Une offrande au Vodianoi. M'est avis que si leur Vodianoi voulait vraiment s'en fumer une, il préfèrerait avoir du tabac sec... Et puis, de toute façon, j'ai oublié mon tabac dans la Jeep d'Andrei. En tout cas, j'ai ramené deux truites et ils étaient bien contents de les bouffer. On reprend la route demain.
18/08/2012
J'ai pas écrit hier. C'était assez tendu en fait. On a marché toute la journée, on s'est arrêtés deux heures pour manger les dernières sardines à l'huile. On s'est pas parlé. Je crois qu'on est tous crevés. Viktor s'est fait mal en traversant la petite rivière. Il a trébuché sur un caillou peut-être, et s'est foulé la cheville. On a dû ralentir le rythme pour qu'il puisse nous suivre, Alexander l'aide. Mais c'est encore plus dur d'aller lentement. On se refroidit, on a l'impression de pas avancer. Et je jure que si Andrei prononce une fois de plus "Vodianoi", je le tue moi-même.
19/08/2012
On a trouvé une petite cabane. Là, au milieu de nulle part. Y'a juste une petite rivière qui passe juste à côté. Je crois que c'est une cabane de chercheur d'or : y'a des tamis un peu partout. On a déjà commencé à les brûler dans la cheminée. La cheville de Viktor est dans un sale état. Je crois bien qu'il s'est cassé quelque chose. En tout cas, cette cabane est une bénédiction.
24/09/2012
Ne pas désespérer. Ne pas désespérer. La température est de plus en plus basse, et on a quasiment plus rien pour entretenir le feu. On a commencé à arracher le plancher, on pose nos culs sur de la terre froide. On a presque plus de bouffe, j'ai plus rien pêché depuis plus de deux semaines. Viktor ne bouge quasiment plus, si ce n'est pour aller pisser dehors. Son pied est noir. Il se plaignait beaucoup au début, mais maintenant il sent plus rien quand on le pique sous le pied.
Je crois qu'il en a plus pour longtemps.
26/09/2012
Alexander m'a réveillé en pleine nuit. Il a vu Viktor discuter avec quelqu'un au bord de la rivière. Moi j'ai rien vu. Je crois qu'il commence à devenir fou. C'est ça, ou alors il se fout de ma gueule. Ce matin Viktor m'a dit qu'il était bien sorti pisser pendant la nuit, mais il s'est endormi avant que je puisse lui poser plus de questions.
27/09/2012
Viktor est mort.
29/09/2012
Alexander et Andrei se sont battus ce matin. Andrei arrêtait pas de dire que Viktor est mort par ma faute, que c'est le Vodianoi qui l'a tué. Alexander lui a décoché une droite. Sans un mot. Andrei a été surpris, ils se sont regardés, et Andrei lui a sauté dessus. On aurait dit des bêtes. J'ai rien fait pour les séparer. Pour une fois qu'il se passe quelque chose.
30/09/2012
On a mis le corps de Viktor dans la neige, dehors. Pour le conserver. Si on vient nous chercher, je pense que sa mère aimerait récupérer son corps. Andrei ne nous a pas décroché un mot, ni à moi, ni à Alexander. Il reste dans son coin, à faire des prières. Foutu sibérien. Résultat, c'est moi qui récolte la neige pour boire et qui décroche le plancher, pendant qu'Alexander essaye de pêcher quelque chose.
13/10/2012
Je crois que je perds la tête. En me réveillant ce matin, j'aurais juré avoir vu bouger Viktor. Rien de flagrant, mais un petit mouvement. J'ai tâté ses vêtements au cas où une souris ou un vermisseau se planquerait dessous, mais rien. J'en ai parlé à personne, Andrei recommence tout juste à causer, j'ai pas envie de relancer de l'huile sur le feu.
15/10/2012
Y'a un truc qui galope dehors. Il fait nuit noire, on y voit pas à deux mètres. Mais ça fait un quart d'heure au moins qu'on entend un truc courir autour de la cabane. C'est peut-être une biche. Ou le Vodianoi d'Andrei. Ou un truc du genre. Un truc qui se mange en tout cas. Quoi que ce soit, on va le choper.
On est sortis avec Alexander, mais y'avait rien dehors. Pas même de traces dans la neige. On est pourtant très sûrs d'avoir entendu des pas. On peut pas devenir fous tous les trois en même temps... Si ?
16/10/2012
Il est encore tôt, le soleil vient à peine de se lever. Alexander et Andrei ont réussi à dormir. Pas moi. J'ai encore entendu marcher dehors. Mais ça semblait plus loin, vers la rivière peut être. Et cette fois je suis sur de ce que j'ai vu : le corps de Viktor a bougé. Je veux dire, pas devant moi, mais j'aurais juré l'avoir posé quelques mètres plus près de la cabane.
24/10/2012
Des cadavres. Nous sommes des cadavres qui parlent. Je sais pas combien de kilos j'ai perdu, mais quand je vois Alexander ou Andrei, je me dis que je dois être dans le même état. On a entamé les planches des murs. Après les sardines y'a quelques semaines, maintenant c'est les poires en jus qu'on a terminées. Et toujours aucun succès avec la pêche. Même si Alexander m'a plusieurs fois fait remarquer qu'il avait vu un "gros truc" dans la rivière. Mais gros ou pas, on a rien sorti de la rivière depuis... Depuis qu'on est arrivés ici.
Le ciel est noir, je pense que ce qui va nous tomber dessus risque de nous faire mal.
27/10/2012
Je sais pas trop si je crois en ce que je vais écrire... J'aimerais que ce soit faux. Sincèrement.
On a été bloqués deux jours dans la cabane par la tempête. Pas une seule accalmie. Et c'est nos ventres qui ont réfléchi pour nous. J'ai vu comment Alexander regardait le corps de Viktor quand il passait devant en allant pêcher. Pas de la tristesse, pas du désespoir ; de l'envie. Et on a tous ce regard quand on pose les yeux sur lui ces derniers jours.
On devait survivre, mais on savait qu'on resterait pas longtemps debout à boire du bouillon d'herbe et de neige fondue. On s'est regardés, et on a décidé d'aller chercher Viktor, en pleine tempête. Je suis sorti en premier, et là où j'aurais dû voir une bosse dans la neige, il n'y avait rien. J'ai fouillé avec mon pied, mais il n'y avait strictement rien. On s'est enfermés dans la cabane depuis. Si un ours a emporté le corps de Viktor, il doit encore être dans les parages.
Si c'est bien un ours.
5/11/2012
Alexander est sacrément malade. Il tousse à s'en décrocher les poumons. C'est moi qui m'occupe de pêcher. J'ai attrapé un poisson hier. Plus rien depuis. Andrei ne dort plus la nuit depuis que le corps de Viktor est parti a disparu. Il jette tout un tas de choses dans la rivière quand la nuit tombe. Hier soir, il a jeté sa montre.
7/11/2012
On est peut-être sauvés ! Je pourrais pleurer. J'ai pleuré d'ailleurs. Le chercheur d'or ! Le chercheur d'or est venu ! Un vieil homme, très vieux, sa peau ressemble à de l'écorce d'arbre.
J'étais en train de pêcher quand je l'ai vu, sur l'autre rive. Il me regardait, et il m'a souri. Il m'a dit que c'était sa cabane dans laquelle nous étions, et qu'il avait d'abord pensé qu'on était des bandits, et qu'il nous observait depuis plusieurs jours pour s'en assurer. J'ai pas vu de tente ou de campement pourtant. Et il avait pas de sac à dos. Mais il était là et c'était inespéré !
Il a traversé la rivière pour nous rejoindre, tout en continuant à me parler. On s'est regardés avec Alexander. Ce mec allait sortir de la rivière en glaçon. Pourtant, il est sorti tranquillement. Il a juste essoré ses vêtements en continuant de parler.
Il a dit connaître un petit village pas loin, et nous a proposé de le suivre. On peut pas bouger Alexander dans son état, alors Andrei est parti avec le vieux pendant que je veille sur Alexander. J'arrive pas à croire que quand ils reviendront, ça sera avec des toubibs, de la bouffe, des secours, des gens quoi !
9/11/2012
Ça fait deux jours qu'Andrei est parti avec le vieux. J'espère qu'ils se sont pas perdus. Ce vieux avait l'air sûr de lui pourtant. Alexander va un peu mieux.
10/11/2012
J'ai pêché un poisson aujourd'hui.
11/11/2012
Andrei est revenu. Seul. Il était trempé quand il a tapé à la porte cette nuit. Je lui ai demandé qu'est-ce qu'il avait fait du vieux, il m'a juste dit que les secours allaient arriver. Depuis cette nuit, il bouge pas, il nous fixe tour à tour, Alexander et moi. Il est assis près du feu, mais ses vêtements sont toujours aussi trempés. Ce con a toute une flaque autour de lui...
13/11/2012
Mais qu'est-ce qui lui a pris ? Putain, mais qu'est-ce qu'il lui est passé par la tête à ce fils de pute d'Andrei ? Il a essayé de me tuer. Il a essayé de me noyer.
J'étais en train de pisser près de la rivière, juste devant le coucher de soleil. Il est arrivé comme un fou derrière moi, m'a fait tomber en avant. J'ai senti ses putain de mains me tenir la tête sous l'eau, il avait une force de dingue. Trop de force pour un mec qui a passé les trois dernières semaines à bouffer de l'herbe. Je me suis débattu autant que j'ai pu, et puis j'ai lâché prise. J'y arrivais plus, j'allais mourir. J'ai ouvert les yeux sous l'eau, je voulais pas mourir sans voir une dernière fois quelque chose... Et j'ai vu un visage. Très vite, un flash. Je sais pas très bien ce que j'ai vu, une femme ou un homme... Ou autre chose... Mais juste après ça, la pression d'Andrei s'est relâchée et j'ai pu sortir de l'eau.
Alexander lui avait planté un pieu dans la nuque. Il m'a trainé jusqu’à l’intérieur de la cabane, m'a allongé près du feu. J'ai repris mes esprits et on a rentré le corps d'Andrei. Ses vêtements étaient toujours trempés. On les a enlevés. Et... On a pété un plomb.
Je sais pas si c'est l'adrénaline, l'hystérie ou la faim (c'est sûrement la faim), mais on s'est mis à découper Andrei. Calmement. L'instinct sûrement. Mais le corps n'était pas chaud, au toucher, on aurait dit qu'il était mort depuis plusieurs heures. Ça nous a pas arrêtés. On s'est regardés coupablement, et on a mis la viande à cuire.
15/11/2012
J'essaye de pas penser à ce que je mange. Je vomirais je pense. Alexander fait pareil. Je le vois lever les yeux au ciel quand il avale.
16/11/2012
Quelque chose a tapé violemment à la porte cette nuit. On s'est réveillés en sursaut. On s'est pas rendormis.
17/11/2012
C'était encore pire cette nuit, j'ai cru que les murs allaient tomber. Grognements, coups dans les murs, traces de pas dans la neige. Faut qu'on se tire. Vers où, je sais pas, mais on doit pas rester ici. Alexander me dit qu'on devrait arrêter de manger Andrei. Il pense que c'est lié, d'une certaine manière. C'est un peu tard. Il reste pas grand chose de lui.
18/11/2012
On part. Personne lira ce journal, et j'ai pas franchement envie de le garder. J'ai pas envie de me souvenir de ce qui s'est passé ici. La température a encore chuté, et la neige nous arrive jusqu'aux genoux. On sait pas vraiment où on va aller, mais je préfère mourir en tentant de m'en sortir, que de rester ici avec ces... Choses. J'aurais juré avoir vu le vieux chercheur d'or ce matin, en regardant par la fenêtre. Du coin de l’œil. Je nous souhaite bonne chance, personne le fera pour nous.
Ces événements se sont déroulés entre le mois d'Août 2012 et le mois de Novembre 2012, en République de Sakha, en Russie.
Les journaux ont beaucoup relayé la nouvelle, mais ont occulté certains détails. Peut-être même que vous en avez entendu parler.
Alexei Gorulenko, 35 ans et Alexander Abdullayev, 37 ans, seront retrouvés quelques jours plus tard, près de la rivière Sutam, à 250kms de la petite ville de Neryungri, plus au sud. En tout, ils auront marché plus de 150kms entre la Jeep et la rivière Sutam.
On retrouvera la Jeep enfoncée dans une rivière gelée.
Lorsque la police découvre le corps d'Andrei Kurochkin, 44 ans, dans une cabane de chercheur d'or, il est partiellement découpé en morceaux. Alexei Gorulenko et Alexander Abdullayev affirment que leur ami est mort de froid. Les expertises montrent pourtant des traces de mort violente, notamment un pieu et une veste ensanglantés. Les deux pêcheurs seront alors soupçonnés d'homicide et de cannibalisme.
Le corps de Viktor Komarov, 47 ans, n'a jamais été retrouvé.
Ce journal n'a jamais été pris en compte par les enquêteurs, d'après lesquels il avait été écrit par Alexei Gorulenko pour se justifier de ses crimes. Gorulenko ne l'a d'ailleurs jamais évoqué. Quant à moi, je ne dévoilerai pas mon identité, sachez juste que j'ai participé de près à l'enquête.
Peu de temps après leur retour, Alexei Gorulenko et Alexander Abdullayev se sont enfuis de l'hôpital dans lequel ils étaient soignés. Retrouvés quelque temps après, Alexei Gorulenko sera condamné à 3 ans de prison avec sursis pour avoir causé "des blessures mortelles" sur la personne de Andrei Kurochkin, le cannibalisme n'étant pas considéré comme un crime en Russie. Alexander Abdullayev quant à lui, sera considéré comme témoin des faits, et affirmera lors de son procès ne pas avoir mangé Andrei Kurochkin parce qu'il avait faim, mais parce qu'il avait "d'autres raisons".
Hello little pumpkins! Comment ça va? Et oui, je poste enfin! C'est un peu dur ces derniers temps, mais j'ai réussi à faire deux dessins corrects. Enjoy!
Et voilà, c'est tout pour cette fois! A la prochaine!