Moi aussi, j'ai quelque chose à vous raconter. Il y a une semaine, j'ai fait une découverte qui continue de me perturber encore aujourd'hui. En faisant du nettoyage dans mon grenier, j'ai trouvé de vieilles affaires appartenant à mon défunt grand-père. Il y avait des habits, des photos retraçant toute une partie de sa vie, et un beau carnet relié en cuir.
Curieux, je l'ai ouvert, non sans émotion vous vous en doutez. Il se trouve que mon grand-père y avait écrit de petites histoires. Je suis sorti du grenier pour pouvoir lire tout cela, et j'ai reconnu certains de ces récits. Il faut que vous sachiez que mon grand-père était, pour mon plus grand plaisir, grand féru de contes. Il nous en racontait très souvent à ma sœur et moi, lorsqu'il venait nous rendre visite à la maison. J'ai versé une petite larme en relisant certaines histoires qui avaient bercé mon enfance, et que mon grand-père avait pris soin de consigner dans ce carnet. J'ai remarqué qu'il avait même noté quelques expressions orales dans ses textes, du type « Écoutez bien, les enfants » ou « Vous comprenez ? », preuves que ces contes étaient directement destinés à nous être lus.
Cependant, parmi la cinquantaine d'histoires courtes rédigées à la main, un certain nombre ne m'évoquait absolument aucun souvenir. Mais si je poste ici, c'est parce que certaines histoires que je ne connaissais pas m'ont hautement dérangé. Parmi celles-ci, une était introduite de la sorte, en grosses lettres :
« À RACONTER AU COIN DU FEU LE SOIR DE NOËL POUR QUE MES PETITS-ENFANTS SACHENT LA VÉRITÉ »
Mon grand-père disait donc ici que l'histoire qui suivait n'était pas une invention de sa part ? Cela rend ce texte étrange avant même de commencer à le lire... Je vous l'ai recopié ici. Il s'intitule : « Le vrai Père Noël ».
« Il était une fois... Un vieil homme. L'histoire ne dit pas son nom. On sait juste que ce qui le caractérisait le plus était son extrême gentillesse envers tous les enfants.
Il travaillait dans une fabrique de jouets, si bien que sa maison était un véritable paradis pour tous les enfants du monde : chevaux à bascule, petits soldats, poupées, pantins, jeux de société...
Le soir, il restait des heures à la sortie des écoles, repérant les enfants les plus... Comment dire... Intéressants. La plupart du temps, tous ces jeunes petits êtres repartaient en tenant la main d'un ou deux de leurs parents. Mais, parfois, il en restait un. Un seul, perdu, au bord des larmes, cherchant du regard son père ou sa mère, ou bien quelque figure rassurante... Le vieil homme s'approchait alors de lui, un petit jouet à la main.
"Tu es perdu, mon petit ? Oh ! Tu aimes cette petite marionnette ? Viens chez moi, il y a plein d'autres jouets qui n'attendent que toi, et tu pourras bien t'amuser pendant que j'appellerai tes parents pour qu'ils viennent te chercher. Allez, viens, tiens-moi la main..."
Arrivés dans la maison du vieux monsieur, les marmots avaient toujours les yeux qui se remplissaient d'étoiles. Il y avait tant à voir, et si peu de temps jusqu'à ce que maman ou papa ne vienne les chercher ! Le vieillard, lui, regardait son propre pantin de chair s'amuser avec tous les joujoux de bois entreposés dans la pièce... Il aimait beaucoup ce moment ; lire la joie dans les yeux des enfants.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Le vieux monsieur, donc, avec toute la délicatesse du monde, prenait l'enfant dans ses bras et l'asseyait sur une chaise.
"Tu vas attendre bien sagement ici, d'accord ?" disait-il avec une voix douce.
Bien sûr, le petit ignorant aurait voulu continuer à jouer, mais la gentillesse de celui qui aurait pu être son grand-père le mettait en confiance, et il ne voulait pas le décevoir en lui désobéissant. C'était comme ça à chaque fois. Même quand le vieux monsieur commençait à ligoter le petit garçon ou la petite fille, et qu'il disait "Ne t'inquiète pas mon chéri, on joue aux Cow-Boys et aux Indiens", l'enfant restait sage, statique sur sa chaise, tel une poupée...
Lorsque le vieux monsieur commençait à se servir de son couteau, ni le « tic-tac » des horloges, ni le « tchou-tchou » des petits trains n'arrivait à masquer les cris de joie des enfants.
Un beau jour, à force de disparitions, ce qui devait arriver arriva. Une méchante institutrice, qui avait repéré le vieux monsieur devant son école à plusieurs reprises, appela la police. Le personnage principal de notre histoire fut arrêté, jugé, et, finalement, condamné à mourir.
La nuit du 24 décembre, le vieil artisan eut la tête tranchée. Couic !
Mais l'histoire ne s'arrête pas là.
À sa mort, le vieux monsieur refusa de monter au ciel rejoindre les anges. Il ne le voulait pas car il n'avait pas accompli la mission qu'il s'était donnée : rendre tous les enfants heureux. Alors, le brave homme a commencé à voyager, et cela fait maintenant très longtemps qu'il se rend de foyer en foyer tout autour du monde, année après année. Vous ne le voyez pas, mais lui, il vous voit, et vous entend. Il vous écoute. Tout cela dans le but de connaître vos souhaits. Peut-être est-il là en ce moment même avec nous, qui sait ?
Il souhaite connaître les jouets qui feraient le plus plaisir à chaque enfant à qui il a rendu visite. Quand il n'est pas aux côtés d'un enfant, il est à son atelier, en train de confectionner les plus beaux joujoux qui soient... Malheureusement, douze mois ne sont pas assez longs pour confectionner tant de jouets lorsque l'on n'est pas aidé par une bande de lutins ! Alors, il doit faire des choix et, s'il surprend un enfant en train de faire une bêtise, alors celui-ci n'aura pas la chance de recevoir un jouet confectionné avec amour au pied du sapin...
Bien sûr, les enfants, vous qui êtes si malins, vous avez compris que le héros de cette histoire n'est autre que celui que l'on nomme communément « Le Père Noël »... Le Père Noël n'est pas un bonhomme tout rouge, et ne passe pas par la cheminée. Mais, tous les ans, à la même date, il dépose bel et bien de jolis cadeaux sous le sapin des enfants sages... En espérant que ceux-ci viendront un jour s'amuser avec lui dans son atelier.
La suite de l'histoire reste à écrire... Tâchez seulement de ne pas en être les personnages principaux. Pour cette raison, au lit maintenant ! Et ne vous levez pas cette nuit. »
Le conte se termine ainsi. Vous vous doutez bien qu'une horde de questions s'immisce dans mon esprit : pourquoi mon grand-père a-t-il écrit un conte aussi malsain ? En est-il même l'auteur ? Pourquoi cette note au début du texte ? Ce qui me perturbe également, c'est que je me demande bien pourquoi il ne nous a jamais raconté cette histoire, à ma soeur et à moi... Ceci étant dit, je préfère ne l'avoir jamais entendue étant enfant, vous pensez bien. J'attends vos réactions et vos avis sur cette trouvaille, je posterais sûrement plus tard d'autres contes étranges trouvés dans ce carnet. Croyez-moi qu'il y a de quoi raconter...
Hello little pumpkins! Merry christmas! Cette creepypasta fait froid dans le dos, n'est-ce pas? Je ne vais pas me noyer dans les excuses pour justifier mon manque de posts, seulement je suis allée au Salon du Livre où j'ai eu la joie de revoir Benjamin Lacombe lors de sa dédicace de Alice au Pays des Merveilles (mon livre préféré) et de rencontrer par hasard Pierre Pevel, mon auteur favori! Autant dire que j'étais aux anges tout le reste de la semaine et que j'ai engendré des envies de meurtre à mon égard dans les esprits de mon entourage... Bref! Trêve de blabla et place aux dessins!
Une Minnie Mouse vintage faite pour ma grand-mère et qui n'est malheureusement pas très bien passée au scanner.
Un Jimminy Cricket pour mon grand-père, je me suis éclatée à le faire!
Voici Ash. Elle est l'un des personnages de mon roman Blackwell Asylum, né en Avril 2015.
C'est tout pour cette fois! Je vous laisse avec le trailer de Blackwell Asylum et un WIP de Ash!
Ça fait environ deux jours... ou trois. Trois jours, je crois, depuis que la Jeep d'Andrei est tombée en rade dans la rivière. On s'est faits avoir comme des bleus, réveillés en pleine nuit par une putain de crue de tous les diables. On a réussi à sortir la Jeep sur le bord, mais impossible de la redémarrer. Pour l'instant, on est principalement restés à l’intérieur, à se peler les miches comme pas possible. On a pas mal de bouffe, mais faudrait pas s'éterniser ici non plus.
J'écris pas ça comme un testament, loin de là, plutôt pour me souvenir de cette... Aventure ? Ouais c'est le mot. Aventure.
13/08/2012
Il commence vraiment à faire froid, et les boîtes de sardines vides puent la mort. On sait absolument pas où on est. Ce connard de Viktor nous avait dit qu'il connaissait la région, mais il a aucune idée d'où on peut bien être. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il fait foutrement froid. Je veux dire, je suis habitué au froid, en Sakha y'a aucun palmier qui pousse. Mais là, avec juste une parka et mes couilles en dessous, c'est pas la même affaire. Pour couronner le tout, aucun village à moins de 300 km. J'ai toujours aimé les grands espaces, mais je cracherais pas sur une petite baraque avec un bon feu.
C'est Alexander le mécano entre nous quatre. Il a la tête fourrée dans le moteur depuis la crue, soit cinq jours maintenant. "T'en fais pas Alexei, on va repartir d'ici cinq minutes !" Cinq minutes. Je sais pas où il a appris à compter. En tout cas, je compte pas me les geler ici plus longtemps.
14/08/2012
On a décidé de partir. On a laissé notre matos de pêche dans la Jeep. Viktor a quand même embarqué une canne au cas où on tomberait sur la Sutam. C'est là où on était censés aller après tout, non ?
On a pas vraiment de plan de route. Viktor était censé avoir la "carte en tête". Toujours est-il que l'ordre de marche c'est droit devant. Si on tombe sur la rivière Sutam, on la remonte jusqu’à Neryungri. En fait, aucun de nous quatre ne sait exactement où se trouve Neryungri, ni même si c'est au bord de la Sutam, mais Viktor a dit qu'il se rappelait y être passé une fois.
Pas un arbre à l'horizon, pas un point de repère. De la neige, de la terre gelée, des herbes courtes çà et là. J'ai trouvé une barre de chocolat au fond de mon sac. Je ne l'ai dit à personne. Je me suis assez fait chier à aller en ville pour l'acheter, je vais pas en plus la partager en quatre. Enfin bon, on verra bien.
15/08/2012
Je commence à penser que le confort de la Jeep était pas si mal que ça. On avait peut-être froid, on pouvait pas vraiment bouger, mais au moins on était à l'abri du vent. Cette nuit on a dormi au creux d'un arbre mort. C'était atroce. Le vent s'est pas arrêté une seule seconde, je me suis réveillé au moins cinq fois. Et à chaque fois, le feu était éteint. On commence à manquer de combustible. On avait pas vraiment pensé à ça. Et la bouffe part à une vitesse folle. Je sais que par ce temps il faut beaucoup d'apport calorique, mais si on continue à ce train-là on va devoir se rationner plus tôt que prévu.
16/08/2012
Encore une nuit horrible. On a cru que Viktor était mort ce matin. Il bougeait pas, mais il était juste vraiment fatigué. On l'est tous. On a quand même repris la route, si on s'arrête on est morts.
On est arrivés près d'une petite rivière. Oh non, pas la Sutam. Ce serait trop beau. Non, juste un petit bras d'eau, assez profond pour pouvoir y pêcher toutefois. Andrei et Viktor m'ont engueulé quand j'ai lancé la ligne. J'ai oublié leur "rituel". C'est des Sibériens, je peux pas leur en vouloir d'être superstitieux. Ces imbéciles lancent toujours une poignée de tabac dans l'eau avant de pêcher. Une offrande au Vodianoi. M'est avis que si leur Vodianoi voulait vraiment s'en fumer une, il préfèrerait avoir du tabac sec... Et puis, de toute façon, j'ai oublié mon tabac dans la Jeep d'Andrei. En tout cas, j'ai ramené deux truites et ils étaient bien contents de les bouffer. On reprend la route demain.
18/08/2012
J'ai pas écrit hier. C'était assez tendu en fait. On a marché toute la journée, on s'est arrêtés deux heures pour manger les dernières sardines à l'huile. On s'est pas parlé. Je crois qu'on est tous crevés. Viktor s'est fait mal en traversant la petite rivière. Il a trébuché sur un caillou peut-être, et s'est foulé la cheville. On a dû ralentir le rythme pour qu'il puisse nous suivre, Alexander l'aide. Mais c'est encore plus dur d'aller lentement. On se refroidit, on a l'impression de pas avancer. Et je jure que si Andrei prononce une fois de plus "Vodianoi", je le tue moi-même.
19/08/2012
On a trouvé une petite cabane. Là, au milieu de nulle part. Y'a juste une petite rivière qui passe juste à côté. Je crois que c'est une cabane de chercheur d'or : y'a des tamis un peu partout. On a déjà commencé à les brûler dans la cheminée. La cheville de Viktor est dans un sale état. Je crois bien qu'il s'est cassé quelque chose. En tout cas, cette cabane est une bénédiction.
24/09/2012
Ne pas désespérer. Ne pas désespérer. La température est de plus en plus basse, et on a quasiment plus rien pour entretenir le feu. On a commencé à arracher le plancher, on pose nos culs sur de la terre froide. On a presque plus de bouffe, j'ai plus rien pêché depuis plus de deux semaines. Viktor ne bouge quasiment plus, si ce n'est pour aller pisser dehors. Son pied est noir. Il se plaignait beaucoup au début, mais maintenant il sent plus rien quand on le pique sous le pied.
Je crois qu'il en a plus pour longtemps.
26/09/2012
Alexander m'a réveillé en pleine nuit. Il a vu Viktor discuter avec quelqu'un au bord de la rivière. Moi j'ai rien vu. Je crois qu'il commence à devenir fou. C'est ça, ou alors il se fout de ma gueule. Ce matin Viktor m'a dit qu'il était bien sorti pisser pendant la nuit, mais il s'est endormi avant que je puisse lui poser plus de questions.
27/09/2012
Viktor est mort.
29/09/2012
Alexander et Andrei se sont battus ce matin. Andrei arrêtait pas de dire que Viktor est mort par ma faute, que c'est le Vodianoi qui l'a tué. Alexander lui a décoché une droite. Sans un mot. Andrei a été surpris, ils se sont regardés, et Andrei lui a sauté dessus. On aurait dit des bêtes. J'ai rien fait pour les séparer. Pour une fois qu'il se passe quelque chose.
30/09/2012
On a mis le corps de Viktor dans la neige, dehors. Pour le conserver. Si on vient nous chercher, je pense que sa mère aimerait récupérer son corps. Andrei ne nous a pas décroché un mot, ni à moi, ni à Alexander. Il reste dans son coin, à faire des prières. Foutu sibérien. Résultat, c'est moi qui récolte la neige pour boire et qui décroche le plancher, pendant qu'Alexander essaye de pêcher quelque chose.
13/10/2012
Je crois que je perds la tête. En me réveillant ce matin, j'aurais juré avoir vu bouger Viktor. Rien de flagrant, mais un petit mouvement. J'ai tâté ses vêtements au cas où une souris ou un vermisseau se planquerait dessous, mais rien. J'en ai parlé à personne, Andrei recommence tout juste à causer, j'ai pas envie de relancer de l'huile sur le feu.
15/10/2012
Y'a un truc qui galope dehors. Il fait nuit noire, on y voit pas à deux mètres. Mais ça fait un quart d'heure au moins qu'on entend un truc courir autour de la cabane. C'est peut-être une biche. Ou le Vodianoi d'Andrei. Ou un truc du genre. Un truc qui se mange en tout cas. Quoi que ce soit, on va le choper.
On est sortis avec Alexander, mais y'avait rien dehors. Pas même de traces dans la neige. On est pourtant très sûrs d'avoir entendu des pas. On peut pas devenir fous tous les trois en même temps... Si ?
16/10/2012
Il est encore tôt, le soleil vient à peine de se lever. Alexander et Andrei ont réussi à dormir. Pas moi. J'ai encore entendu marcher dehors. Mais ça semblait plus loin, vers la rivière peut être. Et cette fois je suis sur de ce que j'ai vu : le corps de Viktor a bougé. Je veux dire, pas devant moi, mais j'aurais juré l'avoir posé quelques mètres plus près de la cabane.
24/10/2012
Des cadavres. Nous sommes des cadavres qui parlent. Je sais pas combien de kilos j'ai perdu, mais quand je vois Alexander ou Andrei, je me dis que je dois être dans le même état. On a entamé les planches des murs. Après les sardines y'a quelques semaines, maintenant c'est les poires en jus qu'on a terminées. Et toujours aucun succès avec la pêche. Même si Alexander m'a plusieurs fois fait remarquer qu'il avait vu un "gros truc" dans la rivière. Mais gros ou pas, on a rien sorti de la rivière depuis... Depuis qu'on est arrivés ici.
Le ciel est noir, je pense que ce qui va nous tomber dessus risque de nous faire mal.
27/10/2012
Je sais pas trop si je crois en ce que je vais écrire... J'aimerais que ce soit faux. Sincèrement.
On a été bloqués deux jours dans la cabane par la tempête. Pas une seule accalmie. Et c'est nos ventres qui ont réfléchi pour nous. J'ai vu comment Alexander regardait le corps de Viktor quand il passait devant en allant pêcher. Pas de la tristesse, pas du désespoir ; de l'envie. Et on a tous ce regard quand on pose les yeux sur lui ces derniers jours.
On devait survivre, mais on savait qu'on resterait pas longtemps debout à boire du bouillon d'herbe et de neige fondue. On s'est regardés, et on a décidé d'aller chercher Viktor, en pleine tempête. Je suis sorti en premier, et là où j'aurais dû voir une bosse dans la neige, il n'y avait rien. J'ai fouillé avec mon pied, mais il n'y avait strictement rien. On s'est enfermés dans la cabane depuis. Si un ours a emporté le corps de Viktor, il doit encore être dans les parages.
Si c'est bien un ours.
5/11/2012
Alexander est sacrément malade. Il tousse à s'en décrocher les poumons. C'est moi qui m'occupe de pêcher. J'ai attrapé un poisson hier. Plus rien depuis. Andrei ne dort plus la nuit depuis que le corps de Viktor est parti a disparu. Il jette tout un tas de choses dans la rivière quand la nuit tombe. Hier soir, il a jeté sa montre.
7/11/2012
On est peut-être sauvés ! Je pourrais pleurer. J'ai pleuré d'ailleurs. Le chercheur d'or ! Le chercheur d'or est venu ! Un vieil homme, très vieux, sa peau ressemble à de l'écorce d'arbre.
J'étais en train de pêcher quand je l'ai vu, sur l'autre rive. Il me regardait, et il m'a souri. Il m'a dit que c'était sa cabane dans laquelle nous étions, et qu'il avait d'abord pensé qu'on était des bandits, et qu'il nous observait depuis plusieurs jours pour s'en assurer. J'ai pas vu de tente ou de campement pourtant. Et il avait pas de sac à dos. Mais il était là et c'était inespéré !
Il a traversé la rivière pour nous rejoindre, tout en continuant à me parler. On s'est regardés avec Alexander. Ce mec allait sortir de la rivière en glaçon. Pourtant, il est sorti tranquillement. Il a juste essoré ses vêtements en continuant de parler.
Il a dit connaître un petit village pas loin, et nous a proposé de le suivre. On peut pas bouger Alexander dans son état, alors Andrei est parti avec le vieux pendant que je veille sur Alexander. J'arrive pas à croire que quand ils reviendront, ça sera avec des toubibs, de la bouffe, des secours, des gens quoi !
9/11/2012
Ça fait deux jours qu'Andrei est parti avec le vieux. J'espère qu'ils se sont pas perdus. Ce vieux avait l'air sûr de lui pourtant. Alexander va un peu mieux.
10/11/2012
J'ai pêché un poisson aujourd'hui.
11/11/2012
Andrei est revenu. Seul. Il était trempé quand il a tapé à la porte cette nuit. Je lui ai demandé qu'est-ce qu'il avait fait du vieux, il m'a juste dit que les secours allaient arriver. Depuis cette nuit, il bouge pas, il nous fixe tour à tour, Alexander et moi. Il est assis près du feu, mais ses vêtements sont toujours aussi trempés. Ce con a toute une flaque autour de lui...
13/11/2012
Mais qu'est-ce qui lui a pris ? Putain, mais qu'est-ce qu'il lui est passé par la tête à ce fils de pute d'Andrei ? Il a essayé de me tuer. Il a essayé de me noyer.
J'étais en train de pisser près de la rivière, juste devant le coucher de soleil. Il est arrivé comme un fou derrière moi, m'a fait tomber en avant. J'ai senti ses putain de mains me tenir la tête sous l'eau, il avait une force de dingue. Trop de force pour un mec qui a passé les trois dernières semaines à bouffer de l'herbe. Je me suis débattu autant que j'ai pu, et puis j'ai lâché prise. J'y arrivais plus, j'allais mourir. J'ai ouvert les yeux sous l'eau, je voulais pas mourir sans voir une dernière fois quelque chose... Et j'ai vu un visage. Très vite, un flash. Je sais pas très bien ce que j'ai vu, une femme ou un homme... Ou autre chose... Mais juste après ça, la pression d'Andrei s'est relâchée et j'ai pu sortir de l'eau.
Alexander lui avait planté un pieu dans la nuque. Il m'a trainé jusqu’à l’intérieur de la cabane, m'a allongé près du feu. J'ai repris mes esprits et on a rentré le corps d'Andrei. Ses vêtements étaient toujours trempés. On les a enlevés. Et... On a pété un plomb.
Je sais pas si c'est l'adrénaline, l'hystérie ou la faim (c'est sûrement la faim), mais on s'est mis à découper Andrei. Calmement. L'instinct sûrement. Mais le corps n'était pas chaud, au toucher, on aurait dit qu'il était mort depuis plusieurs heures. Ça nous a pas arrêtés. On s'est regardés coupablement, et on a mis la viande à cuire.
15/11/2012
J'essaye de pas penser à ce que je mange. Je vomirais je pense. Alexander fait pareil. Je le vois lever les yeux au ciel quand il avale.
16/11/2012
Quelque chose a tapé violemment à la porte cette nuit. On s'est réveillés en sursaut. On s'est pas rendormis.
17/11/2012
C'était encore pire cette nuit, j'ai cru que les murs allaient tomber. Grognements, coups dans les murs, traces de pas dans la neige. Faut qu'on se tire. Vers où, je sais pas, mais on doit pas rester ici. Alexander me dit qu'on devrait arrêter de manger Andrei. Il pense que c'est lié, d'une certaine manière. C'est un peu tard. Il reste pas grand chose de lui.
18/11/2012
On part. Personne lira ce journal, et j'ai pas franchement envie de le garder. J'ai pas envie de me souvenir de ce qui s'est passé ici. La température a encore chuté, et la neige nous arrive jusqu'aux genoux. On sait pas vraiment où on va aller, mais je préfère mourir en tentant de m'en sortir, que de rester ici avec ces... Choses. J'aurais juré avoir vu le vieux chercheur d'or ce matin, en regardant par la fenêtre. Du coin de l’œil. Je nous souhaite bonne chance, personne le fera pour nous.
Ces événements se sont déroulés entre le mois d'Août 2012 et le mois de Novembre 2012, en République de Sakha, en Russie.
Les journaux ont beaucoup relayé la nouvelle, mais ont occulté certains détails. Peut-être même que vous en avez entendu parler.
Alexei Gorulenko, 35 ans et Alexander Abdullayev, 37 ans, seront retrouvés quelques jours plus tard, près de la rivière Sutam, à 250kms de la petite ville de Neryungri, plus au sud. En tout, ils auront marché plus de 150kms entre la Jeep et la rivière Sutam.
On retrouvera la Jeep enfoncée dans une rivière gelée.
Lorsque la police découvre le corps d'Andrei Kurochkin, 44 ans, dans une cabane de chercheur d'or, il est partiellement découpé en morceaux. Alexei Gorulenko et Alexander Abdullayev affirment que leur ami est mort de froid. Les expertises montrent pourtant des traces de mort violente, notamment un pieu et une veste ensanglantés. Les deux pêcheurs seront alors soupçonnés d'homicide et de cannibalisme.
Le corps de Viktor Komarov, 47 ans, n'a jamais été retrouvé.
Ce journal n'a jamais été pris en compte par les enquêteurs, d'après lesquels il avait été écrit par Alexei Gorulenko pour se justifier de ses crimes. Gorulenko ne l'a d'ailleurs jamais évoqué. Quant à moi, je ne dévoilerai pas mon identité, sachez juste que j'ai participé de près à l'enquête.
Peu de temps après leur retour, Alexei Gorulenko et Alexander Abdullayev se sont enfuis de l'hôpital dans lequel ils étaient soignés. Retrouvés quelque temps après, Alexei Gorulenko sera condamné à 3 ans de prison avec sursis pour avoir causé "des blessures mortelles" sur la personne de Andrei Kurochkin, le cannibalisme n'étant pas considéré comme un crime en Russie. Alexander Abdullayev quant à lui, sera considéré comme témoin des faits, et affirmera lors de son procès ne pas avoir mangé Andrei Kurochkin parce qu'il avait faim, mais parce qu'il avait "d'autres raisons".
Hello little pumpkins! Comment ça va? Et oui, je poste enfin! C'est un peu dur ces derniers temps, mais j'ai réussi à faire deux dessins corrects. Enjoy!
Et voilà, c'est tout pour cette fois! A la prochaine!
L'heure du coucher est un moment assez heureux pour les enfants, en général. Pour moi, c’était terrifiant. Pendant que certains enfants se plaignent d’être mis au lit avant la fin de leur film, ou parce qu’ils jouaient à leurs jeux vidéo, la nuit était quelque chose qui me faisait vraiment peur. Et quelque part, c'est toujours le cas, même aujourd’hui.
En tant que scientifique, je ne peux pas prouver que ce que j’ai vécu était objectivement vrai, mais je peux vous assurer que ce que j’ai ressenti, c’était de la pure terreur. Une terreur qui, heureusement, n’a jamais été égalée.
Je vais essayer de retranscrire du mieux que je peux ce que j’ai vécu. Faites-en ce que vous voulez. J’ai juste besoin de sortir ça de mon esprit.
Je ne peux pas me rappeler exactement quand ça a commencé. Mais le début de mon appréhension à m’endormir correspond au moment où j’ai eu ma propre chambre. J’avais 8 ans. Avant ça, je partageais ma chambre avec mon grand frère. De façon assez compréhensible, surtout pour un garçon de 5 ans mon aîné, mon frère avait fini par demander une chambre pour lui tout seul. On m’avait donc transféré dans la chambre à l’arrière de la maison.
Elle était petite, étroite, et étrangement longue. Assez large pour un lit et quelques armoires, mais pas beaucoup plus. Je ne pouvais pas me plaindre parce que, même à mon âge, je savais qu’on n’avait pas une très grande maison et je n'avais pas vraiment de raison d’être déçu. Mes parents étaient attentionnés, je vivais une enfance heureuse. Du moins, pendant la journée.
Il n’y avait qu’une seule fenêtre, verrouillée, dirigée vers notre jardin à l’arrière de la maison. Rien de très extraordinaire. Mais même pendant la journée, la lumière qui se glissait dans ma chambre semblait presque hésitante.
Comme on avait donné un nouveau lit à mon frère, j’avais récupéré les lits superposés qu’on utilisait dans notre ancienne chambre. Même si j’étais triste de dormir seul, j’étais quand même très excité de pouvoir utiliser le lit du haut, ce qui était une super aventure pour moi.
Dès la première nuit, j’ai eu un sentiment de malaise. J’étais allongé dans le lit du haut, observant les figurines et les petites voitures qui trainaient sur le tapis bleu-vert. Pendant que des batailles imaginaires et d’incroyables aventures prenaient place dans mon esprit, j’ai eu subitement l’impression que mes yeux étaient attirés par le lit du dessous, comme si quelque chose bougeait, quelque chose qui ne souhaitait pas être vu.
Le lit était vide, impeccablement fait avec sa couverture bleu nuit bien coincée sous le matelas et recouvrant partiellement deux oreillers blancs. Je n’y pensais plus trop à ce moment, j’étais un enfant, et le son de la télé que mes parents regardaient dans la pièce à côté me berçait dans un chaleureux et doux sentiment de sécurité et de bien-être.
Quand on se réveille à cause d’un mouvement ou d’un bruit, on met quelque temps à se rendre compte de ce qui se passe. La brume du sommeil reste suspendue aux paupières et aux oreilles, même lorsqu’on redevient lucide.
Quelque chose bougeait dans la chambre, il n’y avait aucun doute.
Au début, je n’étais pas vraiment sûr de ce que c’était. Tout était sombre, mais il y avait assez de lumière qui se glissait par la fenêtre pour éclairer la chambre. Deux pensées sont alors apparues dans mon esprit : la première, c’était que la maison était plongée dans le noir et le silence, ce qui voulait dire que mes parents étaient allés se coucher. La deuxième, c’était le bruit, ce bruit qui m’avait réveillé.
Pendant que le brouillard du sommeil quittait mon cerveau engourdi, je commençais à reconnaître cette sonorité qui m’était familière. Parfois ce sont les sons les plus simples qui sont les plus troublants : le vent froid qui souffle dans les branches d’un arbre, les bruits de pas d’un voisin qui semblent un peu trop proches, ou, dans ce cas, le simple bruit d’un drap qui se froisse dans la nuit.
On y était, c’était ça. Le bruit de quelqu’un qui tentait de s’installer confortablement dans le lit du bas. Je restais allongé, immobile, en espérant que le son ne provenait que de mon imagination, ou peut-être du chat qui avait trouvé un nouvel endroit pour dormir. Puis j’ai remarqué la porte, fermée, comme lorsque je m'étais endormi. Je me suis dit que ma mère était venue me border, laissant rentrer l’animal à ce moment-là.
Oui, ça devait être ça. J'ai retourné mon visage contre le mur, fermant les yeux, en espérant que j’allais me rendormir. Au moment où j’ai bougé, le bruit en-dessous de moi a cessé. J’ai d’abord pensé que j’avais dérangé mon chat, mais je me suis vite rendu compte que mon « visiteur » était beaucoup moins banal que mon animal de compagnie, et beaucoup plus sinistre.
Comme s’il avait été alerté et dérangé par ma présence, le dormeur du lit du bas a commencé à se retourner violemment dans le lit, comme un enfant en colère. J’entendais les draps qui se froissaient et qui se retournaient avec une férocité croissante. C’est à ce moment que la peur s’est emparée de moi. Pas comme le malaise que j’avais ressenti plus tôt, non, c’était une terreur puissante. Je sentais mon sang battre dans mes tempes et mes yeux paniqués scrutaient l’obscurité impénétrable de ma chambre.
J’ai hurlé.
Comme l'auraient fait - j'imagine - la plupart des enfants, j’ai appelé ma mère. J’ai entendu du bruit à l’autre bout de la maison et j’ai émis un soupir de soulagement en espérant qu’elle allait me sauver rapidement. C’est à ce moment-là que les lits superposés se sont mis à vibrer comme s’il y avait un tremblement de terre, tapant contre le mur. Je pouvais entendre les draps se tordre. Je ne voulais pas sauter de mon lit, j’avais trop peur que la chose du lit du dessous m’attrape pour m’attirer dans les ténèbres. Alors je suis resté là, à attendre ce qui m'a semblé être une éternité, me réfugiant sous mes draps, comme s’ils pouvaient me protéger du danger. La porte a enfin fini par s’ouvrir. Et la lumière du couloir a dévoilé le lit du dessous, vide et les draps en ordre.
J’ai pleuré et ma mère m’a consolé. Des larmes de terreur suivies d’un immense soulagement. Mais malgré cela, je ne lui ai pas dit ce qui m’avait fait crier. Je ne peux pas vraiment l’expliquer, mais j’avais l’impression que cette chose reviendrait si je me mettais à en parler. Je ne sais pas si c’était vrai, mais je sentais cette menace invisible m’épier et m’écouter dans l’ombre.
Ma mère s’est allongée dans le lit vide, en me promettant qu’elle dormirait là. Mon inquiétude avait diminué et j’ai réussi à m’endormir. Mais la nuit a été longue, et je n’ai pas arrêté de sursauter à chaque bruit de drap.
Je me souviens que le lendemain je voulais aller partout, être partout, sauf dans cette chambre étouffante. C’était un samedi et je jouais dehors, heureux, avec mes amis. Même si la maison n’était pas grande, on avait la chance d’avoir un jardin assez vaste avec une belle pelouse à l’arrière. On y jouait souvent, et lorsqu’ils n’étaient pas très bien coupés, on se cachait dans les buissons, ou on montait dans le grand sycomore qui surplombait le jardin. On pouvait facilement s’imaginer plein d’aventures dans des contrées exotiques.
On s’amusait beaucoup, mais je ne pouvais pas m’empêcher de regarder cette petite fenêtre qui donnait sur ma chambre. Elle était ordinaire, simple et totalement inoffensive. Mais pour moi, c’était une frontière vers un monde effrayant, étrange et froid. Dehors le gazon vert du jardin et les visages souriants de mes amis ne pouvaient m’ôter le sentiment de malaise que je ressentais au fond de mon ventre, le sentiment que quelque chose, dans cette pièce, me regardait jouer, attendait la nuit, que je me retrouve enfin seul avec elle. Une créature emplie de haine.
Ça peut vous paraître étrange, mais quand mes parents m’ont ordonné d’aller dormir dans ma chambre, je n’ai rien dit. Je n’ai pas protesté, je n’ai même pas essayé d’inventer une excuse pour ne pas dormir là-bas. Je suis juste allé dans ma chambre, solennellement. J’ai grimpé les quelques marches jusqu’au lit du haut, et j’ai attendu.
Si ça m’était arrivé aujourd’hui, j’aurais parlé à tout le monde de mon expérience, mais à cet âge je trouvais juste ça bête de raconter quelque chose pour laquelle je n’avais aucune preuve. On ne m’aurait pas cru, ça c’était la raison principale, mais j’avais aussi et surtout l’impression que la chose serait en colère si je parlais d’elle.
C’est marrant de voir à quel point certains mots peuvent disparaitre de votre esprit, aussi évidents et flagrants qu’ils sont. Un mot m’est revenu cette nuit-là, alors que j’étais allongé, seul. J’ai senti un changement d’atmosphère, comme si l’air avait été remplacé par quelque chose de pourri.
Au moment où j’ai entendu les premiers bruits de torsion des draps, mon cœur s’est mis à tambouriner dans ma poitrine : il y avait de nouveau quelqu’un dans le lit du dessous. Et puis un mot qui avait disparu de mon cerveau, que ma conscience avait banni, s’est libéré, a passé les filtres mis en place dans ma tête, s’est battu pour réapparaitre dans mon esprit et est enfin revenu à la surface.
« Fantôme. »
Au moment où j’ai formulé ce mot dans mes pensées, mon visiteur importun a cessé de bouger. Les draps ne faisaient plus de bruit et ne bougeaient plus, mais quelque chose d’encore plus horrible a commencé. Une lente et grinçante respiration s’échappait du lit du dessous. Je pouvais imaginer sa poitrine monter et descendre, accompagnant les sifflements aigus de son souffle. Je tremblais, priant par-dessus tout qu’il me laisserait tranquille après ça.
La maison était totalement figée, comme la veille, comme plongée dans les ténèbres et un seul son brisait le silence de ma chambre : la respiration vicieuse de mon invisible compagnon de chambrée. J’étais au fond de mon lit, terrifié, je voulais juste qu’il me laisse tranquille.
Qu’est-ce qu’il me voulait ?
Je me suis alors rendu compte de quelque chose : quand il se jetait dans le lit en grognant et se tapant partout - c’était violent, pulsionnel, presque animal. Ce moment, en revanche, était calculé, intentionnel : il avait une idée derrière la tête. Puis cette chose qui était là, allongée dans le noir, cette chose qui effrayait volontairement le jeune garçon que j’étais, s’est assise calmement. Sa respiration sifflante était devenue de plus en plus forte. Il n’y avait plus que quelques planches de bois et un matelas qui me séparaient de son souffle juste en-dessous de moi.
J’étais allongé, les yeux remplis de larmes. Une peur que peu de mots peuvent réellement décrire. Je ne pensais pas qu’il était possible d’être encore plus effrayé que ça, mais j’avais tellement tort. J’imaginais cette chose, assise juste en-dessous de moi, dans le noir, espérant que je bouge. Puis l’imagination a tourné à la terreur, lorsqu’il a commencé à toucher les lattes de mon lit. Il semblait les caresser soigneusement, laissant courir ce que j’imaginais être ses doigts sur la surface du bois.
Puis, avec une force inouïe, il les a enfoncés rageusement dans le matelas. J’ai laissé s'échapper un cri. Il a alors recommencé à bouger le lit violemment, comme la veille, le faisant trembler contre le mur. Des flocons de peinture tombaient sur ma couverture à cause des chocs répétés du cadre du lit contre le mur.
Puis de nouveau, la lumière s’est allumée, et ma mère a pris soin de moi, comme elle le faisait toujours, avec un câlin et des mots doux pour calmer ma crise. Elle m’a évidemment demandé ce qu’il s’était passé. Je ne pouvais pas expliquer, je n’osais pas raconter ce que je venais de vivre. Alors j’ai répété ce mot, encore et encore.
Cauchemar.
Et ça a continué pendant des semaines, si ce n’est des mois. Nuit après nuit, je me réveillais au son des draps. À chaque fois que je criais, la chose faisait vibrer le lit, le balançait violemment, jusqu’à l’arrivée de ma mère qui passait le reste de la nuit avec moi, dans le lit du dessous, ignorant quelle force sinistre torturait son fils. Pendant un moment, j’ai fait semblant d’être malade (ou d’autres excuses bidons dans le même style) pour pouvoir dormir avec mes parents, mais j’étais bloqué dans la chambre maudite beaucoup plus souvent que je l’aurais voulu. Cette pièce où la lumière ne semblait pas « normale », coincé avec cette chose.
Au bout d’un moment, j’ai compris qu’il ne pouvait pas me faire de mal lorsque ma mère était là. C’était probablement pareil pour mon père, mais lui, c’était impossible de le réveiller. Et puis, avec le temps, j’ai commencé à m’habituer à cette présence.
Ne prenez pas ça pour de l’amitié ! Je haïssais cette chose. Encore aujourd’hui, en y repensant et en commençant à comprendre ces sentiments (si on peut appeler ça comme ça) contradictoires pour moi : d’une part une indicible haine et de l’autre une certaine envie, un désir ; elle me fait toujours terriblement peur.
Mes pires craintes se sont réalisées pendant l’hiver. Les journées devenaient de plus en plus courtes et les nuits de plus en plus longues. Et puis, on a eu des problèmes familiaux. Ma grand-mère était malade et ça allait encore plus mal depuis la mort de mon grand-père. C’était une femme incroyable et vraiment gentille. Ma mère tenait à ce qu’elle reste le plus longtemps possible chez elle, mais l'Alzheimer est une maladie cruelle, supprimant petit à petitde sa mémoire les personnes qu’elle avait connues et aimées. Rapidement, elle n’a plus été capable de nous reconnaitre et il était évident qu’il fallait qu’elle aille rapidement vivre dans une maison de retraite médicalisée.
Avant qu’elle ne puisse emménager là-bas, elle a eu quelques nuits difficiles, seule dans sa maison. Alors ma mère a décidé de rester avec elle. J’aimais beaucoup ma grand-mère, et j’ai été très affecté par sa maladie, mais je me sens encore coupable d’avoir d’abord pensé qu’à cause d’elle je devrais affronter mon visiteur seul. La présence de ma mère étant mon seul bouclier contre cette chose et la terreur dans laquelle elle pouvait me faire sombrer.
À la fin des cours, j’ai couru jusqu’à chez moi et j’ai retiré les draps, le matelas, et les oreillers du lit du bas. J’ai enlevé les lattes et je les ai remplacées par un vieux bureau, une commode et quelques chaises qu’on avait gardées dans un vieux placard. J’ai dit à mon père que je voulais faire un vrai bureau comme les grands, ce qu’il a trouvé adorable. Mais je ne pouvais pas laisser cette chose dormir avec moi une nuit de plus.
À la tombée de la nuit, je me suis allongé dans mon lit en haut, sachant que ma mère ne serait pas là pour venir me sauver. Je ne savais pas quoi faire, alors avant d’aller me coucher je suis allé fouiller dans sa boîte à bijoux et j’ai récupéré un vieux crucifix. Ma famille n’est pas très religieuse, mais moi, à cet âge, je croyais encore en Dieu et j’espérais, en quelque sorte, que cet objet me protégerait.
Angoissé et anxieux, je serrais le crucifix de toutes mes forces sous mon oreiller. J’ai fini par m’endormir. Je souhaitais tellement m’endormir tranquillement pour me réveiller le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil, mais ce qui s’est passé cette nuit-là restera gravé dans ma mémoire comme la nuit la plus horrible de ma vie.
Je me suis réveillé lentement. La chambre était dans le noir. Alors que ma vision s’habituait, j’examinais l’état de ma chambre. La fenêtre, les murs, quelques jouets sur mon étagère et... Encore aujourd’hui, je frissonne en y repensant. Il n’y avait aucun bruit. Aucun son de drap que l’on tord. Aucun mouvement. La chambre était totalement figée dans la nuit. Figée mais pas vide. La chose, cette créature sifflante et remplie de haine qui m’avait terrorisé nuit après nuit, n’était pas dans le lit du dessous. Elle était dans mon lit !
J’ai ouvert la bouche pour crier, mais rien n’est sorti. La terreur m’avait rendu complètement aphone. J’étais allongé, sans vie. Si je ne pouvais pas crier, je ne devais pas lui laisser comprendre que j’étais réveillé. Je ne l’avais pas encore vu, je pouvais le sentir. Il était sous ma couverture. Je voyais la délimitation de son... Corps, sous les draps. Il écrasait ma poitrine à moitié, mais je n’arrivais pas à le regarder. Je n’oublierai jamais cette image. Quand je dis que des heures sont passées, je n’exagère pas. J’étais allongé, là, sans bouger. Un petit garçon terrorisé.
Si on avait été en été, ça aurait fait un moment que la lumière du jour aurait pointé le bout de son nez. Mais là, au milieu de l’hiver, je savais que je devais attendre des heures avant le lever du soleil.
J’étais un garçon timide par nature, mais j’étais arrivé à un point où je ne pouvais plus attendre. Je ne pouvais pas survivre plus longtemps dans ce lit, collé à cette chose !
La peur peut parfois vous porter, vous transformer en héros. Je devais sortir de ce lit. Puis, je me suis rappelé : le crucifix ! Ma main était encore sous l’oreiller, mais elle était vide ! J’ai essayé de tourner le poignet, le plus lentement et silencieusement possible, mais impossible de le trouver. Soit je l’avais fait tomber du lit, soit... Je ne pouvais même pas imaginer qu’il me l’ait pris.
Sans le crucifix, j’avais perdu tout espoir. Même à cet âge on comprend le concept de la mort, et je savais que j’allais mourir dans ce lit si je restais passif, allongé sans rien faire. Je devais partir de la pièce. Mais comment ? Est-ce que je devais brusquement sauter hors du lit en priant pour arriver jusqu’à la porte ? Et s’il était plus rapide que moi ? Ou devais-je lentement me glisser de sous le drap en espérant ne pas déranger mon ignoble copain de lit ?
Réalisant qu’il n’avait pas remué, même quand j’avais bougé pour trouver le crucifix, j’ai commencé à avoir des pensées étranges. Et s’il dormait ? Il n’avait pas « respiré » depuis mon réveil. Peut-être qu’il se reposait en pensant m’avoir. Que j’étais enfin sous son emprise. Ou peut-être qu’il jouait avec moi. Après tout ce qu’il m’avait fait endurer pendant ces nuits, il m’avait avec lui dans le lit, sans ma mère pour me protéger. Peut-être qu’il savourait ce moment, qu’il savourait sa victoire, comme un animal sauvage qui joue avec sa proie.
J’essayais de respirer le plus doucement que je pouvais, et de rassembler le peu de courage que j’avais. Puis, lentement, avec ma main libre j'ai soulevé le drap au-dessus de moi, mais j'ai frôlé quelque chose. Quelque chose de froid et de mou, quelque chose qui ressemblait à une main décharnée. Je retenais ma respiration, terrorisé. Maintenant, il devait savoir que j’étais réveillé.
Rien.
Il ne bougeait pas, il semblait... Mort. Après un petit moment, j’ai déplacé ma main soigneusement le long des draps et j’ai senti un tout petit avant-bras, très mince, qui se tenait à la couverture. Par curiosité, j’ai remonté ma main le long de ce membre pour toucher un biceps immense. Le bras était tendu en travers de mon torse, et sa main était sur mon épaule gauche, comme s’il m’avait pris dans ses bras en dormant. J’ai compris que je devais bouger ces membres cadavériques pour m’en sortir.
Pour je ne sais quelle raison, la sensation de ce bras déchiré sur mon épaule m’a fait perdre le fil de mes pensées. La peur avait de nouveau pris le dessus, alors que je décrochais ce membre de mon torse, dégoûté en touchant cette peau poisseuse. Je ne voulais pas toucher son visage, même si, encore aujourd’hui, je me demande de quoi il avait l’air.
Mon dieu, ça avait bougé. C’était presque imperceptible, mais la force de son étreinte contre mon épaule avait changé. Je n’ai versé aucune larme, mais mon Dieu qu’est-ce que j’avais envie de pleurer.
Tandis que je décrochais son bras et sa main de moi, ma jambe droite a frôlé le mur frais contre lequel le lit était collé. Tout ceci se passait dans ma chambre, c'était inconcevable. Et c'est là que j'ai compris que cette chose répugnante qui prenait un malin plaisir à violer la chambre d'un petit garçon n'était pas totalement sur moi. Elle était à moitié collée au mur, comme une araignée à son fil.
Soudain, sa prise est passée d'une faible contraction à une très forte compression. Il s'accrochait à mes vêtements comme s'il avait senti que j'essayais de partir, et que l'opportunité de m'attraper ne reviendrait plus. Ses membres étaient minces, mais la chose était forte. J'ai compris que le parasite essayait de m'attirer vers le mur ! Je me battais pour ma vie. J'ai crié, la voix m'était revenue, mais personne n'est arrivé pour me sauver.
J'ai alors compris pourquoi la chose s'était réveillée maintenant : le soleil allait se lever. Depuis ma fenêtre, cette fenêtre que je détestais, qui représentait toute la peur que me procurait cette chambre, j'ai vu les premiers rayons de lumière. Il hurlait, sifflait, crachait. Je ne me souviens de rien visuellement, juste de son souffle glacé contre mon cou. Le soleil se levait dans la petite chambre suffocante qui se retrouvait peu à peu baignée dans la lumière. Je me suis évanoui alors que les doigts décharnés et froids de cette chose se pressaient contre mon cou.
Lorsque j'ai rouvert les yeux, mon père me proposait d'aller prendre le petit déjeuner. J'avais survécu à la pire nuit de ma vie, l'expérience la plus horrible que j'ai jamais vécue.
Le lendemain, j'ai déplacé le lit loin du mur pour empêcher ce monstre de continuer à venir la nuit. Les semaines sont passées sans aucun incident, à part une nuit glacée où je me suis réveillé : là où mon lit se trouvait précédemment, j'entendais un bruit de respiration rauque qui venait de derrière le mur, puis des vibrations violentes. Tout ça a disparu au bout d'un moment.
Je n'ai parlé de cette histoire à personne jusqu'à aujourd'hui. Je continue de me réveiller en sursaut au son des draps qui se froissent dans la nuit, ou au bruit d'une respiration un peu forte à cause d'un rhume, et je ne dormirai plus jamais avec mon lit contre le mur. Vous pouvez appeler ça de la superstition si vous voulez, et puis comme je l'ai dit je ne peux pas réfuter des théories comme la paralysie du sommeil ou des hallucinations, ou même une très grande imagination.
La seule chose que je peux dire, c'est que l'année d'après, j'ai déménagé ma chambre dans une pièce plus grande à l'autre bout de la maison, et mes parents ont pris ma chambre bizarrement étroite et longue. Ils ont dit qu'ils n'avaient pas besoin d'une grande chambre, juste de quoi mettre leur lit et quelques affaires.
Ils ont tenu 10 jours. Nous avons déménagé le 11ème.
Hello little rotten pumkins! Comment ça va? Moi, ça va super bien! Figurez-vous que j'ai pleeeeeiiiiin de choses à vous montrer et pas uniquement des dessins (d'ailleurs y en a pas beaucoup...)! Voyez-vous, le 22 Octobre 2015 figure à présent parmi les plus beaux jours de ma vie puisque je suis allée au vernissage de l'exposition sur Alice au Pays des Merveilles de Benjamin Lacombe! Donc au programme, on a: des photos du vernissage, trois dessins, et une photo de mon maquillage d'Halloween. Enjoy!
Ce n'est qu'un petit extrait, mais en tout, j'ai 70 photos, donc...!
Une petite elfe faite vite fait!
Et deux planches de sketches d'Echo en train de danser!
Je n'ai pas pour habitude d'écrire dans un journal, je trouve que c'est un truc pour les filles ; enfin bon, si j'écris les lignes suivantes c'est plus pour me soulager que pour le montrer à quelqu'un...
Donc voilà, comme à mon habitude, je me baladais dans la rue après les cours. Il était 13h et beaucoup de monde marchait également sur le boulevard. J'avançai quand je vis un garçon, il avait environ 12 ans et portait un jean bleu et un sweat noir, tout ce qu'il y a de plus banal. Il avait attiré mon attention car ses cheveux étaient noir ébène, il avait la peau pâle, et le plus étrange était ses yeux noirs, TOUT noirs... Je repris ma route, et le jeune garçon disparut.
Jeudi 7 Novembre
L'étrange garçon n'était pas là aujourd'hui, tant mieux d'ailleurs.
Vendredi 8 Novembre
« Un enfant retrouvé pendu avec du fil barbelé ». Voici les infos du jour. Le jeune défunt ressemblait au garçon que j'avais croisé mercredi. Il avait le même regard noir, à un détail près : il semblait me regarder à travers la télé, et je fus pris d'un malaise, j'avais la tête qui tournait. Je ne suis pas allé au collège ce jour là.
Samedi 9 Novembre
Il est 5h du matin, j'ai fait un étrange rêve. Une ombre s'approchait de moi, et au moment où elle entrait en contact avec mon visage, je sentis mes yeux brûler. Je tombai dans un vide et je me retrouvai dans une salle. C'était une scène de crime. Bien que fan de gore, ce spectacle me dégoûta : un homme accroché au mur par un clou dans la tête, ses jambes étaient arrachées et il était menotté avec ses intestins.
Dimanche 10 Novembre
Encore un de ces rêves horribles... Quand est-ce que tout cela va s'arrêter ? Pitié, je vous en supplie, aidez-moi ! Ces visions me terrifient, je ne pense qu'à elles pendant la journée.
Lundi 11 Novembre
Je compris que ces scènes de crimes étaient réelles lorsque je les vis à la télévision. Mais comment se fait-il que je rêvais de ces meurtres ? J'espère que ce n'est pas vrai mais je crois que c'est moi, le meurtrier... Mes yeux étaient noirs. Le jeune garçon voulait utiliser mon corps pour commettre ces horrifiants crimes, ou plutôt, le jeune garçon était l'ancien corps de l'esprit qui me pousse à faire ces crimes, un corps parmi tant d'autres. Je vais perdre peu à peu conscience jusqu'à ce que son âme vole mon corps. Je ne serai bientôt plus. Je ne peux pas lutter, je lui appartiens.
Salut bande de citrouilles pas fraîches! Ouah! J'ai ENFIN le temps de poster... DEUX dessins! Attention, c'est du sérieux! Non, en vrai je n'ai eu que très peu de temps pour dessiner depuis la rentrée donc... Vous avez vu? Le blog a un an! Joyeux anniversaire le blog!
Je voudrais commencer par dire que cette histoire débute comme la plupart des histoires. Mon ami et moi avions décidé de passer nos vacances d'été dans un chalet que son père possédait, aux alentours d'une grande forêt. On s'était dit que ce serait amusant. Il y avait un lac tout près auquel on pouvait accéder en marchant un peu et c'était un environnement totalement différent de celui de la ville. Nous pensions qu'une pause était bien méritée après avoir fini nos examens scolaires. Passer quelque temps à pêcher et nager dans le lac, avec un peu d'air frais, nous ferait le plus grand bien.
Frankie et moi sommes amis depuis que nous sommes très jeunes, et même si en grandissant nous avons développé des personnalités très différentes, nous sommes toujours restés en contact. Frankie est ce genre de mec sympathique et extraverti qu'on connait tous. Il a des tonnes d'amis et tout le monde l'aime. Il est sûr de lui, charismatique, séducteur...Tout ce que je ne suis pas. En fait, nous avons des personnalités complètement opposées. Je suis timide et je n'ai pas beaucoup d'amis. Je suis même prêt à admettre que je suis un peu bizarre. Je ne suis pas intéressé par le sport comme presque tout les autres gars. Moi, j'aime l'art. En soi, ce n'est pas ça qui me fait me sentir bizarre, mais plutôt le thème de mes œuvres, qui met mal à l'aise les gens autour de moi.
Et non, non, je ne dessine pas de la pornographie. Je dessine et invente des monstres, toutes sortes de monstres,des zombies aux aliens. Maintenant beaucoup de gens apprécient mon art, mais c'est parce qu'ils ne me connaissent pas personnellement. La plupart de mes amis et des membres de ma famille n'aiment pas l'objet de mes créations . Ils pensent que ça a une influence négative sur moi, qu'il est anormal de penser à ce genre de choses si souvent. Mais ne vous méprenez pas. Je ne suis pas une sorte de bête sanguinaire, de créature hostile, ou un membre d'une secte. J'aime juste les monstres. J'aime ce sentiment de "fausse peur", commebeaucoup d'autres gens. Évidemment que c'est amusant de sentir des frissons dans le dos...Quand c'est faux.
Une fois, j'ai demandé à Frankie pourquoi il continuait de vouloir être mon ami, et il m'a simplement dit "Tu es quelqu'un d'intéressant, plus que les autres." C'est ce que j'ai toujours admiré chez lui. Il accepte tout le monde, même moi. Il n'est pas comme tous ces gens qui essayent de me changer. Je suis son ami, avec mes défauts et tout le reste.
Lorsque nous sommes arrivés au chalet, c'était comme si ça sortait d'un rêve. C'était immense, avec plein de fenêtres et des meubles en bois ; c'était le pied. Nous n'avons pas perdu plus de temps. On a posé nos affaires en vitesse et pris le chemin du lac. Le soleil était encore assez haut dans le ciel, on aurait bien le temps d'en profiteravant la nuit. Bien sûr, j'avais apporté mon carnet de croquis, dans l'espoir d'avoir un peu d'inspiration quand je serais là-bas, tandis que Frankie avait juste emporté sa canne à pêche et un petit sac d'appâts.
Ça n'a pas été très difficile de trouver comment s'y rendre, et il ne nous a fallu qu'une trentaine de minutes pour aller du chalet au lac. Nous sommes restés assis là pendant un bon moment, parlant de tout et de rien, de musique et de filles (Frankie a fait presque toute la discussion, pas de surprise de ce côté-là). Au bout de quelques heures, nous étions tout les deux silencieux, profitant juste des bruits du lac et des oiseaux, et aussi du vent. Je m'étais installé dans un coin pour dessiner le monstre de "L'étrange créature du lac noir" pendant que mon ami pêchait. Après quelques heures de plus, le soleil a commencé à se coucher. Nous avons alors remballé nos affaires et commencé à marcher vers le chalet.
Environ cinq minutes après avoir entamé notre marche, j'ai réalisé que j'avais oublié un paquet de crayons de dessin sur la rive, alors j'ai dit à Frankie de continuer, et que je le rattraperais plus tard. Il semblait quelque peu réticent, car il commençait à faire sombre, et que c'était ma première fois hors du chalet. Il m'a charrié en disantque je n'aurais qu'à appeler les gardes forestiers si je me perdais. Nous avons tout les deux rigolé, puis nos chemins se sont séparés. Ça ne m'a pas pris longtemps pour retourner au lac, mais une fois là-bas, j'ai remarqué quelque chose d'intrigant.
J'ai lentement longé la rive en regardant attentivement le sol. Il y avait plusieurs traces de pas boueuses et humides allant du bord du lac jusqu'à la zone boisée derrière. C'était presque comme si quelqu'un, ou plutôt quelque chose avait rampé hors de l'eau puis jusqu'aux bois où Frankie et moi étions quelques minutes plus tôt. Je suis resté là pendant ce qui m'a semblé être une éternité avant de saisir mes crayons et de me remettre en marche sans plus tarder.
J'ai dit que j'aimais le sentiment de frisson dans mon dos, quand je savais que c'était faux. Ce n'était pas ce que je ressentais à cet instant. J'étais plus qu'un peu effrayé. La seule chose que je pouvais faire était de me convaincre qu'il y avait une explication logique, une qui n'incluait pas de monstres marins ou de meurtriers cachés dans la forêt. Je serrais fermement mes crayons et regardais prudemment autour de moi pour m'assurer que j'étais seul tout en marchant d'un bon pas sur le chemin du retour. C'est alors que j'ai commencé à entendre de l'agitation tout autour du sentier, des bruissements de feuilles et dans les buissons, des craquements de brindilles...Des bruits de pas et d'eau qui goutte.
J'ai couru. J'ai couru sur tout le chemin, et une fois arrivé, j'ai fermé et verrouillé la porte derrière moi, avant d'entreprendre de baisser tous les stores. Je m'agitais, mal à l'aise, regardant tour à tour les portes et les fenêtres, attendant que quelque chose se passe. J'ai sursauté quand j'ai senti une main se poser sur mon épaule. Je me suis un peu détendu lorsque j'ai compris que c'était Frankie.
Il avait un regard qui mêlait incompréhension et inquiétude. Au début je n'ai rien dit, j'arrivais à peine à reprendre mon souffle. Mais j'ai finalement expliqué à Frankie ce qui était arrivé, et il a affiché un sourire incrédule, "Tu te fais des films. C'était sûrement juste des loutres ou des ratons laveurs. Ils nettoient leurs pattes dans les lacs et les cours d'eau, c'estsûrement ça que t'as entendu ", m'a-t-il dit nonchalamment. Je me sentais à la fois soulagé et stupide. Je me suis dit que j'avais juste réagi de manière excessive, victime de mon imagination. J'ai donc fini par ne plus y penser. Nous avons dîné, regardé un peu la télé et nous sommes allés au lit.
J'ai fait un rêve cette nuit-là. Du moins, j'espère que c'en était un. Il y avait une créature qui se tenait au bout de mon lit et qui me fixait. Enfin, je pense qu'elle me regardait ; je ne parvenais pas à trouver ses yeux. Il y avait deux cavités creusées là d'où ses yeux avaient probablement disparus. Il était couvert de la tête aux pieds de cequi ressemblait à un mélange d'algues et de cheveux. Son cou était caché par cette étrange substance, de sorte que ses larges épaules en étaient comme drapées. Il s'est penché dans une position anguleuse, posant ses mains mouillées sur le bord de mon lit. Le bout de ses doigts était coloré d'un noir sale. Ses ongles étaient fissurés et très longs, grattant le pied du lit en même temps qu'il se dirigeait vers le coin du matelas. Le parquet faisait un bruit étouffé à chacun de ses pas, qui le rapprochaient lentement de moi.
Je voulais crier, m'enfuir, ou me cacher, mais j'étais figé sur place. Je n'ai rien fait de plus que m'autoriser un regard furtif quand il a approché son corps massif de mon visage. De l'eau dégoulinait de son visage pour tomber sur ma tête et sur mes bras, accompagnée par quelques minuscules coléoptères noirs qui se tortillaient quand ils atterrissaient sur le lit. La créature a ouvert sa bouche sans lèvres, garnie de dents à demi déchaussées, jaunies et pleines de taches noires.
J'observais le goutte à goutte de l'eau tombant de sa mâchoire, suivi par la chute d'une de ses dents tachetée de noir en plein milieu de ma poitrine. Il a placé sa tête juste en face de la mienne et j'ai alors reconnu l'insupportable puanteur du tabac. Ça m'a retourné l'estomac. Tout était silencieux, les seuls sons étaient sa respiration laborieuse et mes propre battements de cœur. Mes yeux étaient écarquillés et je me sentais glacé, terrifié. J'avais beaucoup de mal à contenir ma peur. La chambre a commencé à tourner et ma vue est devenue embrumée et sombre. Ma respiration était faible et irrégulière.
Quelques secondes plus tard, mes yeux se sont révulsés et j'ai perdu connaissance. Mais je pourrais jurer que, dans ces derniers moments de flottement, j'ai distinctement entendu les mots "Tu es à moi, mon garçon" s'échapper grossièrement de sa gorge comme une bouffée de fumée.
Je me suis réveillé avec des sueurs froides ce matin-là. Je suis tombé du lit et je me suis appuyé contre le mur pour essayer de me calmer. C'était juste un rêve, juste un très mauvais rêve. Il devait être le résultat de tous ces films sur les monstres, n'est-ce pas ? Une fois calmé, je me suis rendu à la salle de bain pour prendre une longue douche avant d'aller prendre un petit déjeuner dans la cuisine.
Frankie était déjà en bas, en train de se faire des œufs et du bacon, d'après ce que je sentais, et franchement, des œufs et du bacon me semblaient être une assez bonne idée pour me remettre. Le soleil offrait une vue réconfortante quand je suis arrivé à la table de la cuisine. Lorsque Frankie a remarqué ma présence, il m'a adresséun rapide sourire avant de me demander : "Alors, tu as vu quelque chose de flippant ce matin ?"
J'ai froncé légèrement les sourcils. Je savais qu'il plaisantait, mais le souvenir de ce qui était arrivé cette nuit était encore trop frais dans mon esprit pour que je puisse l'ignorer complètement. J'ai haussé les épaules et ai réussi à lui adresser un petit sourire avant de ramasser mon matériel de dessin, pour m'aider à penser à autre chose. Frankie avait l'air déçu, comme s'il espérait que cette blague serait plus drôle, et il est retourné à ses œufs et son bacon. " T'en veux un peu?" m'a-t -il demandé. Je me suis empressé de répondre, en essayant de détendre l'atmosphère. "OUI, enfin! Je pensais que tu me poserais jamais la question! J'étais sur le point de mourir de faim !" On a éclaté de rire et commencé à se moquer l'un de l'autre à tour de rôle. C'était presque comme si les chosesétaient revenues à la normale.
Dans ma distraction, j'avais dessiné quelque chose chose que j’espérais ne jamais avoir à revoir. Je n'avais pas remarqué jusqu'à ce que mon esquisse soit presque complètement terminée. Ces deux orbites vides qui hantaient mes rêves. J'ai immédiatement refermé mon carnet avant de le mettre de côté, dégouté. Comment avais-je pu dessiner ça sans même m'en rendre compte? L'art n'est pas une chose ou méthode irréfléchie ; vous devez savoir ce que vous êtes en train de dessiner pour obtenir un résultat correct. Alors... pourquoi j'aurais vouludessiner ça? Mes yeux se sont posés sur ma main et j'ai remarqué quelque chose d'encore plus alarmant.
Le bout de mes doigts avait pris une teinte jaunâtre, accompagnée de petites taches noires entre mon index et mon majeur. J'ai d'abord pensé que c'était juste de l'encre, mais aucun de mes stylos ne fuyait. Comment diable mes doigts s'étaient-ils retrouvés comme ça ? Heureusement, Frankie avait fini de faire à manger avant que je ne me mette à trop y réfléchir.
Une fois notre repas fini, Frankie a suggéré que nous nous rendions au lac pour pêcher un peu plus, et peut-être même nager. Je n'étais pas très enthousiaste à l'idée d'y retourner, mais je voulais faire tout ce qui était en mon pouvoir pour dépasser mes craintes, alors j'ai fini par accepter. Je me suis mis en maillot de bain, et j'en ai profité pour essayer de nettoyer les taches noires sur mes doigts. En vain. Ça ne voulait pas s'en aller. Je ne sais pas comment, mais j'ai réussi à me convaincre que c'était vraiment de l'encre et qu'un de mes stylos avait un problème. Je veux dire, c'est une explication convenable, non ? Par réflexe, j'ai pris mon carnet de croquis, qui était ouvert à une page vierge sur la table de la cuisine.
Je n'y ai pas accordé d'importance, pensant que Frankie avait dû y jeter un coup d’œil pendant que je m'habillais. En toute sincérité, je n'avais pas du tout prévu de nager, mais ce serait plus facile de refuser les propositions insistantes de Frankie au bord du lac qu'au chalet. Nous sommes donc partis ensemble une fois nos affaires réunies. Frankie semblait à l'aise dehors, mais je gardais un œil au cas où quelque chose d'étrange arriverait. Je ne pouvais pas ignorer le sentiment tenace que quelque chose clochait.
Tout semblait normal lorsque nous sommes arrivés sur la jetée. Le soleil était haut, le ciel bleu, le lac accueillant. Peut-être que tout ça était juste dans ma tête. Frankie était en extase quand il a vu le lac. Il s'est dépêché de poser les affaires qu'il avait emmenées, a retiré se chemise et a sauté dans l'eau. Il nageait, arborant un grand sourire, m'a regardé, puis m'a dit : "Viens, elle est bonne ! On fait la course jusqu'au milieu du lac et on revient, ok ?". Il m'a fait signe de le rejoindre, mais j'hésitais. J'étais encore inquiet, même si tout semblait parfaitement normal. "Peut-être un peu plus tard, j'ai quelques idées que je voudrais dessiner d'abord..."
Frankie a essayé une fois de plus de me convaincre, mais il a fini par aller nager seul, plus loin de la rive. Je me suis assis par terre et j'ai ouvert mon carnet de croquis, en feuilletant les pages à recherche de la dernière page utilisée. Quand je l'ai enfin trouvée, je me suis figé. Il y avait un dessin qui n'était pas là avant.
Je ne l'avais pas dessiné. Je sais que Frankie n'a pas pu le dessiner non plus. Ça ne pouvait pas être lui, j'avais tenu mon carnet pendant tout le trajet vers le lac. J'ai senti un frisson remonter le long de mon échine. Le dessin représentait un garçon assis au bord de l'eau, fixant un gros livre qui ressemblait à mon carnet, sauf qu'il y avait une immense silhouette sombre derrière lui. J'ai remarqué qu'une grosse ombre commençait lentement à me couvrir, moi et mon carnet.
Tout semblait bouger au ralenti. Je n'entendais plus du tout le chant des oiseaux, mais je pouvais entendre Frankie hurler mon nom. Il agitait ses mains dans les airs et criait comme pour me prévenir de quelque chose. Je n'arrivais pas vraiment à entendre ce qu'il disait, mais je pense que je le savais déjà. De l'eau coulait sur mon carnet et mes vêtements. L'odeur du tabac emplissait l'air. Je fixais l'eau avec crainte, jusqu'à voir lentement émerger ces fameuses orbites vides juste en face de moi. Mes yeux se sont écarquillés sous l'effet de la peur.
J'ai essayé de m'enfuir mais il a attrapé ma jambe et m'a entraîné vers le sol. Je me suis accroché au bord du lac mais il m'a tiré avec une telle force que je ne pouvais rien faire d'autre que me laisser aller. Il a commencé à me trainer vers la forêt. J'ai hurlé, lui ordonnant de me laisser partir, mais il ne m'a même pas adressé un regard. Je pouvais entendre ce qui ressemblait à un marmonement indistinct sortant de sa bouche. Il continuait de tirer avec force tandis que j'essayais de m'accrocher à tout ce que je pouvais. J'enfonçais mes mains et mes bras dans le sol jusqu'à ce qu'ils soient couverts de saleté, de coupures et de contusions, mais cela m'importait peu.
J'ai continué de pousser des hurlements, en espérant que quelqu'un m'entendrait, mais je n'ai pas eu cette chance. Soudain, une petite cabane est rentrée dans mon champ de vision. Elle avait l'air d'être abandonnée depuis plusieurs décennies. J'étais surpris que ça tienne encore debout ; on aurait dit qu'elle pouvait tomber en morceaux à tout moment. Je crois que c'était un vieil abri anti-cyclone. Il a ouvert la porte de sa main libre.
Il a lâché ma jambe et j'en ai immédiatement profité pour essayer de m'enfuir, mais il ne lui a fallu que quelques secondes pour m'attraper par l'épaule et me jeter dans la cave. Je suis tombé dans les escaliers et ma tête s'est cognée contre le sol. Je me suis assis là, les yeux rivés au plafond, pendant que le monde tanguait autour de moi. J'ai entendu la créature rire de sa voix éraillée et haletante tout en claquant les portes. Je suis tombé dans les pommes quelques minutes plus tard. Je ne sais pas combien de temps j'ai été inconscient, mais au moment où je me suis réveillé, il faisait noir.
J'éprouvais une douleur lancinante à la tête et je pouvais sentir une substance chaude ruisseler le long de mon visage et dans mes cheveux. J'ai essayé de m'asseoir, mais ça m'a fait me sentir encore plus mal. Tout continuait de bouger et je n'arrivais pas à garder mon équilibre. Mon poignet me faisait extrêmement mal, j'avais dû me le tordre quand on m'a jeté ici. Il y avait quelques bougies dans la salle qui diffusaient une lumière faible.
J'ai légèrement sursauté quand j'ai entendu un bruit de verre brisé par terre au-dessus de moi. Je distinguais des cris et d'autres bris de verre. Ma tête commençait à aller mieux, alors je me suis redressé et j'ai regardé en direction du plafond. Il y avait plus d'une voix - trois, pour être exact. L'une d'elles était rauque et colérique, les deux autres semblaient appartenir à des personnes un peu plus jeunes, un homme et une femme. Brusquement, j'ai entendu crier. Au même moment, j'ai aperçu une tache claire dans un coin du plancher au-dessus de moi.
J'ai senti une goutte d'un liquide chaud tomber sur ma joue. Je l'ai essuyée, et j'ai regardé ma main pour voir ce que c'était. J'ai été horrifié de voir le liquide rouge étalé dans ma paume et j'ai rapidement rampé hors d'atteinte d'autres gouttes. Je devais sortir de cette cave tout de suite ! J'étais sur le point de rejoindre la porte, quand j'ai vu quelqu'un assis à une table, à côté du mur.
Il avait l'air peiné, la tête appuyée sur le bout de ses doigts. Il me regardait avec une expression qui exprimait des années de malheurs. Au milieu de la chemise du jeune homme se trouvait une large blessure par balle entourée par une tache de sang humide. Il y avait également des traces de sang sur son visage et son épaule. Ses cheveux et ses yeux étaient aussi noirs que du charbon et sa peau aussi blanche que du papier. Il me ressemblait beaucoup, à l'exception que ses vêtements étaient du style de ceux portés dans les années 1900.
Il était habillé d'une chemise blanche avec un long pantalon brun, ainsi que de fines bretelles et des chaussures noires très habillées. "Il m'a mis ici après avoir tiré sur moi, son propre fils. C'était avant qu'il décide de jeter mon corps dans le lac." Il a tripoté ses mains un instant avant de reprendre la parole. " Il a toujours été très déçu par moi, il me blâmait pour son addiction à la boisson et à la cigarette, comme si j'en étais la cause. Mais je pense qu'il se sentait juste seul, et qu'il avait peur que je l'abandonne comme ma mère l'avait fait. Elle est morte quand j'étais encore jeune, et il n'a plus jamais été le même depuis."
Il a regardé le plafond avec un regard si froid qu'il aurait pu geler mon âme. "Je suppose qu'il a pensé qu'il pourrait me faire rester. Après tout, tu ne peux pas t'en aller si tu es mort, pas vrai ? Mais j'aurais voulu voir l'expression sur son visage quand il est tombé dedans à son tour, et que, trop ivre, il n'a pas pu se sauver." Son visage s'est de nouveau assombri, plombé par sa propre solitude et ses regrets.
"J'étais sur le point d'épouser la plus belle femme que j'avais jamais vu. Son sourire aurait pu faire fondre la surface de Neptune tant il était chaleureux. Elle était mon soleil, la lumière de ma vie... Et il l'a tuée aussi." Un bruit s'est alors fait entendre à l'étage au dessus. Il m'a regardé d'un air grave. "Vous ne devriez pas être ici. Vous devez sortir d'ici tant que vous le pouvez encore. Il va vous tuer, comme ma fiancée et moi. Vous devez vous réveiller immédiatement !"
Sa voix devenait confuse. Comme tout le reste. Tout était noir et ma tête s'est mise à vibrer. Je pouvais néanmoins entendre une voix familière au loin. Je l'ai entendu de plus en plus fort, jusqu'à ouvrir les yeux une fois de plus. "Nick! Nick! Réveille-toi! Oh mon dieu!" Ma tête vibrait encore et j'essayais de donner un sens à ce qui se trouvait autour de moi. De la lumière entrait de la porte ouverte de la cave. Elle était orange pâle, ça devait être le soir.
Frankie était accroupi à côté de moi et me secouait par les épaules. Il balayait frénétiquement la pièce du regard et essayait de me relever.
"Nous devons partir maintenant! Tu peux marcher ?" J'ai faiblement hoché la tête. Il n'y avait pas moyen que je reste là plus longtemps, alors j'ai ignoré ma tête qui me faisait toujours souffrir. Il m'a aidé à me remettre sur pieds et j'ai légèrement trébuché, mais j'ai tout de même réussi à garder l'équilibre. C'est là que nous avons entendu des pas venant de l'étage.
Frankie m'a aussitôt tiré vers le haut des escaliers de la cave et nous nous sommes retrouvés dans la forêt. Une fois là-bas, je crois que l'adrénaline m'a foutu un sacré coup de fouet, car je me sentais assez bien pour marcher et courir tout seul. On a tous les deux commencé à courir. J'ai regardé derrière et j'ai aperçu du coin de l’œil le jeune homme que j'avais vu dans mon rêve, debout devant la maison, qui nous regardait partir.
Nous courions pour sauver nos vies, mais avec ma blessure, je trouvais difficile de suivre Frankie qui avait disparu dans le feuillage devant moi. Quand je suis arrivé au chalet, Frankie était introuvable. Je criais son nom, mais n'obtenais pas de réponse. J'ai boité vers le côté du chalet où était le garage, et je l'ai trouvé vide. Pas de voiture.
J'ai senti mon cœur manquer un battement. J'entendais les pas clapotants dans la forêt derrière, venant de la vieille cabane.
J'ai reculé de dépit en voyant émerger la sinistre figure hors de la forêt et se diriger vers moi. Dans un mouvement convulsif, son visage s'est déformé en un sourire crispé et affreusement malsain. " J-E T A-I- T-R-O-U-V-É ", a-t-il soufflé lentement.
Comme sorti de nulle part, j'ai entendu un bruit de klaxon de voiture s'approcher de l'allée. Frankie a arrêté la voiture avec un bruit strident et m'a crié par la fenêtre : " MONTE!".
J'ai sauté à l'intérieur et on a filé au loin, loin de cette effrayante cabane, loin des esprits. On a continué de rouler sans s'arrêter jusqu'à ce que nous soyons arrivés en ville, où nous sommes passés par l'hôpital et le poste de police. Nous n'avons évidemment rien dit sur la créature sans yeux, ni sur les fantômes. Nous leur avons simplement dit qu'un homme fou nous avait suivi et attaqué, et qu'il vivait dans cette cabane pas loin de notre chalet.
Ils ont visité l'endroit mais n'ont trouvé ni homme, ni créature démoniaque. Ils ont cependant démoli la cabane qu'ils jugeaient dangereuse pour le public en raison de sa vétusté. Ils ont aussi mené des recherches dans le chalet pour trouver des indices, et ont trouvé un objet particulier dans ma chambre. Cachée dans les couvertures de mon lit, il y avait une petite dent tachée de noir qu'ils ont gardée comme la seule et unique preuve des incidents du chalet.
Frankie et moi avons profité de l'enquête pour retourner chercher nos affaires. Nous étions tout les deux mal à l'aise au début, mais je me suis dit que tout irait bien avec un groupe de policiers armés pour nous accompagner. Rien qui sorte de l'ordinaire n'est arrivé quand nous y étions. J'espère que la destruction de la cabane a fait partir la créature, l'esprit, ou peu importe ce que c'était, ainsi que les personnes qu'il a tuées.
Il m'a fallu une éternité pour avoir le courage d'ouvrir à nouveau mon carnet de dessins. À ma grande surprise, tout les dessins de la créature avaient disparu en même temps que les taches noires et jaunes qui étaient sur mes doigts. Ça m'a pris du temps avant de me remettre au dessin, mais au moins, je vais avoir de la matière à travailler maintenant.
Hello Pumpkins guys! Comment ça va? En raison de la rentrée qui approche à grand pas, voici un petit strip dessus! Et oui, ma maison préférée à Poudlard est Serpentard! ^^ Aller, place aux dessins maintenant! Enjoy!
Donc déjà, mon nouvel avatar aux couleur de Serpentard...
Les Maraudeurs en compagnie d'un personnage de mon invention!